Le ministre de la justice Edasso Rodrigue Balaya a procédé le lundi 15 juin 2026 à Ouahigouya, au lancement officiellement de la session de formation des acteurs traditionnels et coutumiers sur l’opérationnalisation de la loi « Faso-Bu-Kaooré » au Burkina Faso.
Renforcer les capacités des acteurs traditionnels et coutumiers de la région de Yaadga sur les textes et la vision des autorités du pays pour la mise en œuvre de la loi « Faso -Bu-Kaooré » ou la justice traditionnelle, conformément à la vision des autorités sous l’ère de la Révolution Progressiste Populaire (RPP) ; c’est l’objectif principale de la présente session de formation tenue les 15 16 et 17 juin 2026 dans la cité de Naaba Kango. La formation s’inscrit dans le programme de la réforme de la justice traditionnelle afin de permettre à ces garants des traditions de jouer pleinement leurs rôles dans le règlement des différends, la consolidation de la cohésion sociale au Burkina Faso.
Pendant soixante-douze (72) heures, les participants venus des différentes localités de la région vont s’approprier des dispositions de la Loi N°003-2026 /ALT PORTANT « Faso Bu-Kaooré » ainsi que les outils de pratiques nécessaires à son application. Les modules portent notamment sur les mécanismes traditionnels de règlement des différends, les procédures de médiations et conciliation.

Dans son discours d’ouverture, le ministre de la justice Edasso Rodrigue Bayala a indiqué que cette session de formation marque une étape décisive dans la mise en œuvre de loi « Faso -Bu-Kaooré » adoptée pour reconnaitre et encadrer juridiquement les mécanismes endogènes de règlement des conflits. Selon lui, les autorités coutumières et traditionnelles ont toujours joué un rôle essentiel dans la préservation de la paix sociale et du vivre ensemble au sein des communautés.
« C’est donc par un retour aux sources que nous allons amorcer notre développement véritable et nous émanciper des illusions impérialistes. La loi portant « Faso Bu-Kaooré » institue des instances traditionnelles de règlement des différends au sein des villages et secteurs des villes. Elle reconnaît et valorise ainsi le rôle important, qu’incarnent depuis toujours, les garants de nos traditions et valeurs ancestrales en matière de résolution des différends, de paix et de cohésion sociale. En même temps qu’elle valorise nos chefs traditionnels et coutumiers, la loi Faso Bu-Kaooré impose une grande responsabilité à nos notabilités coutumières et traditionnelles » a-t-il déclaré. « L’adoption de cette loi est une avancée considérable en matière d’accès à la justice. En effet, en plus de désengorger les juridictions classiques, le recours aux modes traditionnels de règlement des différends offre aux populations l’opportunité d’une justice plus proche, plus accessible, plus rapide, moins couteuse et plus proche de leurs réalités socio culturelles » a-t-il soutenu.

Une justice plus proche des populations
Prenant la parole au nom du roi Naaba Kiiba du Yatenga, le premier ministre du roi, le Toogo Naaba Koanga a salué l’initiative du gouvernement. Selon lui, cette vision des autorités traduit une reconnaissance du rôle historique joué par les chefs traditionnels et coutumiers dans la prévention et la gestion des différends au sein des communautés. C’est aussi une invite à ces acteurs de redynamiser ses méthodes de résolution des conflits dans nos sociétés. Il a par ailleurs affirmé que cette formation permettra aux participants de mieux comprendre les exigences de la nouvelle loi et d’exercer leurs responsabilités avec plus d’efficacité. « Nos ancêtres nous ont légués des mécanismes endogènes de dialogue, de réconciliation et de résolution des conflits qui ont permis à nos communautés de traverser les épreuves. Aujourd’hui l’Etat sous la conduite du Camarade Capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’Etat à travers la « loi Faso Bu-Kaooré » veut nous accompagner à moderniser ces pratiques pour le retour de la paix. C’est une opportunité que nous devons saisir avec responsabilité. Nous pouvons vous assurer de notre engagement pour accompagner l’initiative. » a-t-il laissé entendre.
A travers cette formation, le gouvernement entend accélérer l’installation et le fonctionnement effectif des instances traditionnelles prévues par la loi Faso Bu-Kaooré dans les villages et secteurs. L’ambition est de rapprocher davantage la justice des populations tout en valorisant les valeurs culturelles et les pratiques ancestrales qui favorisent le dialogue, la réconciliation et la cohésion sociale.
Tout en saluant la forte mobilisation qui témoigne de l’intérêt accorder à cette vision des autorités, le ministre Bayala a invité l’ensemble des acteurs a des échanges francs et surtout de formuler des recommandations afin que l’objectif visé à travers cette loi puissent atteindre les résultats escomptés. Dans la matinée de ce 15 juin, le ministre Edasso Rodrigue Bayala accompagné de ses collaborateurs se sont rendus chez le roi Naaba Kiiba pour présenter ses civilités et solliciter les bénédictions et accompagnement du Dima du Yatenga.
Bassirou BADINI






