
Le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, à travers la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF) a animé une conférence de presse sur le contrôle des produits de tabac et nouveaux produits de tabac fabriqués au Burkina ou importés, lundi 13 avril 2026 à Ouagadougou.
Le Burkina veut intensifier la lutte contre le commerce illicite du tabac. A cet effet, le ministère en charge du commerce, à travers la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF), a organisé une conférence de presse, le lundi 13 avril 2026 à Ouagadougou pour faire le point de la mise en œuvre du Système de marquage, d’authentification, de suivi et de traçabilité (SMAT) des produits du tabac fabriqués localement ou importés.
Selon le coordonnateur général de la BMCRF, Sanibè Faho, cette mesure vise à protéger la santé publique et à assainir le marché, conformément aux engagements internationaux du pays. Entré en vigueur le 5 juillet 2025, le système impose l’apposition de stickers sécurisés sur les paquets, cartouches et cartons de cigarettes. Toutefois, il a relevé que sa mise en œuvre reste insuffisante. « Malgré un délai initial fixé au 10 janvier, puis prorogé au 28 février 2026 pour tenir compte des contraintes techniques et logistiques, plusieurs acteurs ne sont toujours pas en conformité », a-t-il expliqué.
A l’en croire, des missions d’inspection menées à Ziniaré, Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou ont permis de constater ces manquements. Une vaste opération de contrôle réalisée les 31 mars et 1er avril 2026 a confirmé la tendance. Sur 115 acteurs contrôlés, a-t-il indiqué, seuls 6 étaient en règle contre 109 en infraction.
En outre, M. Faho a poursuivi que 18 595 cartons de cigarettes ont été inspectés, dont 12 812 sans stickers. Sur 8 526 cartouches contrôlées, 3 349 ne comportaient aucun marquage. Quant aux paquets, 372 sur 521 étaient dépourvus de stickers, ce qui traduit, selon lui, l’ampleur des irrégularités sur le marché. Face à ces résultats, les produits non conformes ont été saisis en vue de leur destruction, conformément à la réglementation en vigueur. « Les opérations de contrôle vont se poursuivre et tout contrevenant s’expose à des sanctions », a-t-il averti.
A la question des journalistes de savoir, s’il y a un dispositif concret pour empêcher que ces paquets sans stickers ne se retrouvent sur le marché, le coordonnateur a expliqué que le système de traçabilité repose sur deux piliers. D’une part, les producteurs locaux ont l’obligation de déployer le dispositif dans leurs unités afin que, a-t-il précisé, « aucun paquet ne quitte l’usine sans stickers ». D’autre part, les importateurs doivent, a son avis, faire déployer le système chez leurs fournisseurs à l’étranger, afin que les produits destinés au Burkina soient marqués dès la production.
Par ailleurs, il a reconnu que ce processus nécessite des équipements spécifiques et un accompagnement technique, ce qui explique certains retards. A cet effet, M. Faho a ajouté qu’une unité de production nationale a déjà achevé le déploiement du système, tandis que d’autres sont en phase d’achèvement.
Mahamadi SEBOGO
Fatimata ZOUNGRANA
(Stagiaire)





