Enlèvement d’un nouveau-né au CHUR de Fada N’Gourma : pour justifier son acte, l’auteure présumée évoque son incapacité à concevoir

es conférenciers ont invité les populations à poursuivre et à renforcer leur collaboration avec les FDS en dénonçant toute situation susceptible de compromettre la sécurité des personnes et des biens.

Le Commissariat central de Police de Fada N’Gourma a animé, mardi 16 juin 2026, une conférence de presse afin d’apporter des éclaircissements sur l’affaire de l’enlèvement d’un nourrisson survenu au Centre hospitalier universitaire régional (CHUR) de Fada N’Gourma, dans la nuit du 30 au 31 mai 2026.

Dans la nuit du 30 au 31 mai 2026, un nourrisson de sexe masculin avait été enlevé au Centre hospitalier universitaire régional (CHUR) de Fada N’Gourma alors que sa mère, admise dans l’établissement de santé un mois après un accouchement par césarienne, y recevait des soins. Alertés, les services de Police judiciaire du Commissariat central de Police de Fada N’Gourma et ceux de la Brigade régionale de protection de l’enfance du Goulmou ont immédiatement ouvert une enquête afin d’élucider les circonstances de cette disparition. Près de deux semaines plus tard, soit le 12 juin dernier, les investigations ont permis de retrouver le nourrisson à la suite de l’interpellation d’une femme âgée d’environ 20 ans, ménagère et domiciliée au secteur 1 de Fada N’Gourma, fortement soupçonnée d’être à l’origine de l’enlèvement. Pour donner plus d’éléments d’information sur cette affaire qui a suscité une vive émotion au sein de la population, le Commissariat central de la ville de Fada N’Gourma a animé, hier mardi 16 juin 2026, une conférence de presse. Selon le commissaire central de Police de Fada N’Gourma, Bienvenue Y Kamboulé, qui a lu la déclaration liminaire, au cours de son audition, l’auteure présumée de l’enlèvement a reconnu les faits. Elle aurait agi dans l’intention de garder l’enfant, justifiant son acte par son incapacité à concevoir.  Le commissaire principal de Police Kamboulé a toutefois précisé que ces déclarations feront l’objet de vérifications approfondies afin d’établir avec exactitude les circonstances de l’enlèvement et d’identifier d’éventuelles responsabilités supplémentaires.

« Le dispositif sécuritaire est insuffisant au sein de l’hôpital »

Répondant aux questions des journalistes sur la crédibilité des déclarations de la mise en cause, qui affirme avoir agi en raison de son incapacité à concevoir, le conférencier a précisé que les premiers éléments de l’enquête révèlent qu’elle nourrissait depuis quelque temps le projet d’obtenir un enfant par tous les moyens. D’ailleurs, a-t-il confié, cette situation aurait déjà provoqué l’échec de sa précédente union conjugale. Redoutant un nouvel échec dans son foyer actuel, elle aurait entrepris d’obtenir un enfant de cette façon.

Le commissaire central de Police de Fada N’Gourma, Bienvenue Y Kamboulé, a félicité les enquêteurs pour leur professionnalisme et leur sens du devoir.

Interrogé également sur le dispositif sécuritaire du CHUR, le commissaire principal Kamboulé a reconnu l’existence de plusieurs insuffisances ayant pu favoriser la commission de l’infraction. « Nous avons constaté des défaillances au niveau de l’éclairage de l’hôpital, un effectif insuffisant de vigiles ainsi que des caméras de surveillance défectueuses », a-t-il déclaré. Pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise, il a invité les responsables des structures sanitaires et les usagers à faire preuve de davantage de vigilance, notamment dans les services sensibles tels que les maternités et les unités de pédiatrie.

« Elle a agi seule »

Pour sa part, le chef de la Police judiciaire du Commissariat central de Fada N’Gourma, le lieutenant de Police Aristide Balima, a apporté des précisions sur le mode opératoire de la suspecte. Selon lui, cette dernière a ciblé la maternité du CHUR et a profité de moments d’inattention des accompagnateurs pour commettre son forfait. Aussi, le lieutenant de Police Balima a fait savoir que dame C.A., la présumée auteure de l’enlèvement, n’a bénéficié d’aucune complicité. « Elle a agi seule », a-t-il dit. Par ailleurs, il a indiqué que la suspecte recherchait spécifiquement un nourrisson de sexe masculin. Lors de son audition, elle aurait reconnu avoir, dans un premier temps, emporté un bébé de sexe féminin avant de le ramener après avoir constaté qu’il ne correspondait pas à son objectif. Selon le commissaire principal Kamboulé, dame C.A. a effectué plusieurs tentatives similaires auparavant dans d’autres formations sanitaires de la ville, sans succès. Au terme des investigations, la mise en cause sera déférée devant le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Fada N’Gourma pour répondre des faits qui lui sont reprochés. A entendre le commissaire principal Kamboulé, l’infraction d’enlèvement d’un nourrisson est passible d’une peine d’emprisonnement allant d’un à dix ans et d’une amende comprise entre un et cinq millions de francs CFA. Pour lui, si cette affaire a connu une issue heureuse c’est grâce au travail d’investigation rigoureux, conduit avec méthode, discrétion, patience et professionnalisme par les enquêteurs. « Je voudrais leur rendre un hommage appuyé pour leur engagement exemplaire, leur disponibilité permanente et leur remarquable sens du devoir. Chose qui a permis de retrouver l’enfant sain et sauf », a-t-il exprimé. Il a également traduit sa reconnaissance à l’ensemble des personnes qui, par leurs renseignements et leur collaboration, ont contribué à l’aboutissement de l’enquête. « J’invite les populations à poursuivre et à renforcer leur collaboration avec les Forces de défense et de sécurité (FDS) en dénonçant tout fait suspect ou toute situation susceptible de compromettre la sécurité des personnes et des biens », a-t-il insisté.

Joanny SOW

Kanlou SANDAMBA (Stagiaire)

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