Dans quelques heures, les fidèles chrétiens vont célébrer la fête de Noël. A l’orée de la célébration, le Cardinal Philippe Ouédraogo invite les fidèles à fêter dans la sobriété tout en s’exprimant sa solidarité aux personnes vulnérables.Chers fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu à Ouagadougou. Dans la perspective des fêtes de Noël et du Nouvel An, je voudrais souhaiter à tous et à chacun d’heureuses et saintes fêtes et vous communiquer des consignes utiles. Tout d’abord, durant la période des fêtes à venir, nous sommes invités à tenir compte de la situation difficile que traverse notre pays, et à rester en communion avec la Nation toute entière actuellement éprouvée au double plan sécuritaire et sanitaire.
Ensuite, nous sommes invités à rester vigilants, aussi bien au niveau sécuritaire que sanitaire. En effet, c’est la période où le grand banditisme sévit à travers les braquages : prenons donc les précautions nécessaires. Ensuite, la pandémie de la Covid/19 n’est pas encore derrière nous : alors restons mobilisés. En outre, concernant les horaires de nos célébrations liturgiques et autres rencontres spirituelles, des dispositions nécessaires doivent être prises pour qu’elles se terminent à temps afin que les uns et les autres puissent rentrer chez eux avant minuit.
Ainsi donc, il est recommandé de commencer les célébrations au plus tard à 20 heures pour être sûrs de finir à temps. Enfin, mettons l’accent sur la prière et l’attention avec tous ceux qui souffrent plutôt que les réjouissances populaires. Chaque communauté ou mouvement/association, chaque famille, chaque personne est invitée à faire preuve de sobriété, compassion et solidarité envers les frères et sœurs souffrants : les déplacés internes, les familles endeuillées, les personnes blessées, les prisonniers, les malades…
En nature ou en espèces, individuellement ou communautairement, prenons quelque chose de nos réjouissances des fêtes pour manifester notre solidarité et notre amour ! Tout en appelant à rester vigilants et à observer les précautions d’usages recommandées, je vous invite à rester en union de prières avec et pour la Nation.
Frères et sœurs bien-aimés,
Instituée depuis le 4e siècle, la fête de Noël que nous célébrons chaque année nous renvoie au mystère de l’incarnation de Dieu.
Jésus est vrai Dieu et vrai homme, « il est Dieu, né de Dieu, Lumière née de la Lumière vrai Dieu, né du vrai Dieu engendré non pas créé » selon la formule de notre Credo symbole de Nicée. Jésus est le Sauveur des hommes, le Messie attendu, le seul Seigneur. À la naissance du Sauveur à Bethléem, une troupe céleste innombrable, louait Dieu en chantant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » (Luc 2, 14).
Ce chant des anges nous interpelle à double titre : En premier lieu, la paix auquel aspire l’humanité tout entière est d’abord un don de Dieu. Alors, c’est une grâce à demander instamment par tous les croyants. Dans notre situation tragique d’insécurité due aux forces du mal, n’ayons de cesse de prier et d’invoquer le Prince de la paix. En second lieu, la paix est également le fruit des efforts des hommes. Demandons au Seigneur de faire de nous tous des artisans de paix dans nos familles, au lieu du travail, dans nos quartiers, dans notre pays.
Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. (Mt 5, 9)
Demandons pour notre nation la grâce des grâces « la conversion des cœurs et des habitudes » pour pouvoir aimer réellement la paix et aimer faire la paix, nous impliquer concrètement pour qu’advienne la paix. Ainsi, pourrions-nous, promouvoir une société plus saine, un monde plus digne, sans faim, sans pauvreté, sans violences et sans guerres.
À tous et à toutes, fructueuses célébrations!
Bonnes et Saintes Fêtes de Noël et du Nouvel An.
Philippe Cardinal OUEDRAOGOArchevêque Métropolitain de Ouagadougou
A Bobo-Dioulasso, les tricycles ont changé de vocation. Conçus pour le transport de biens, ils transportent désormais des personnes, en violation de la réglementation sur leur usage et des règles de sécurité routière. Surchargés, lancés à vive allure et dépourvus de dispositif de sécurité, ces engins à trois roues transforment le trafic de la ville de Sya, en un parcours à haut risque, devenant une véritable source d’insécurité routière. Plongée au cœur d’une pratique illégale mais populaire.
Vendredi 31 juillet 2026. Il est 9 heures à Bobo-Dioulasso. Après une pluie matinale, un temps clément berce la cité de Sya. A pied, à vélo, à moto ou en voiture, chacun vaque à ses occupations. Dans ce flot, un autre type d’engins, à trois roues, attire l’attention. Il s’agit
des tricycles communément appelés taxis-motos. Au volant du sien, Moussa Sanou, 26 ans, serpente dans les ruelles du quartier Belle-ville. Il évite les nids-de-poule et les flaques d’eau. Le jeune homme marque un arrêt devant une boutique. Un groupe de femmes l’y attend. « Ce sont des commerçantes. Chaque matin, je viens les conduire au marché des fruits », indique-t-il l’air joyeux. C’est sa troisième course de la journée.
Dans le porte bagages de son engin, légèrement usée et rouillée, neuf femmes dont l’âge est compris entre 18 et 40 ans environ prennent place, sans aucun dispositif de sécurité. Deux d’entre elles ont leurs bébés au dos. Au milieu des dames, Moussa Sanou place des cabas en plastique et des sacs d’oranges, d’ignames, de patates douces et
d’oignons.
Sans casque, le conducteur de tricycle remonte au guidon et repart en trompe. Direction : le marché des fruits et légumes. Le moteur hurle. Le conducteur se faufile dans cette ruelle accidentée. L’engin zigzague. Les passagères sont ballotées. Ici, la prudence est un luxe. Quelques centaines de mètres plus loin, il embarque deux autres jeunes arrêtés au bord du goudron. Puis un troisième, à un jet de pierre. Au total, 14
Moussa Sanou (gauche) conduit les « trois roues » pour gagner sa vie.
personnes sont à bord, en plus du chauffeur. Désormais, sur le bitume, Moussa slalome entre voitures et motos.
A Bobo-Dioulasso, le spectacle des tricycles qui transportent des dizaines de passagers est devenu banal. Dans plusieurs quartiers, les engins à trois roues sont devenus un moyen de locomotion, comme tout autre.
Chemin faisant, nous rencontrons Emmanuel Drabo, 28 ans. Képi vissé sur la tête, son casque est accroché au guidon. Dans son « épave », 11 dames ont pris place, avec les mains chargées de seaux, de paniers, de sachets remplis de condiments, de tubercules et de fruits.
« Nous savons que c’est dangereux, mais ce moyen de déplacement est moins cher contrairement aux taxis. Le tricycle vient nous chercher devant notre porte (au secteur 22, ndlr) et la course fait juste 100 F CFA », relate Mariam Traoré, une quadragénaire, commerçante au grand marché de Bobo-Dioulasso.
Le jeune Emmanuel estime qu’il n’a pas le choix. Il faut surcharger pour pouvoir s’acquitter des frais de location du taxi-moto, qui s’élèvent à 20 000 F CFA par semaine et parvenir à nourrir dignement sa famille. Donc, « on charge jusqu’à ce que ça ne rentre plus. Sinon, on ne rentabilise pas la journée », confie-t-il, avant de s’engouffrer sur le boulevard de l’Indépendance.
Une découverte surprenante. Ni Moussa Sanou, ni Emmanuel Drabo ne possèdent de permis de conduire, catégorie A1. Ils ont appris à rouler « sur le tas », sans aucune formation, ni notion du Code de la route. Quid de l’assurance moto ?
Que nenni ! A l’origine, les deux amis utilisaient leurs engins pour transporter du sable, du gravier, du ciment, du fer ou encore du bois. Puis, progressivement, ils se sont tournés vers le transport de personnes pour se « bourrer » les poches. « C’est plus rentable », résume Moussa.
Une pratique illégale
Conducteur, Emmanuel Drabo explique que la surcharge permet de rentabiliser.
Dans la cité de Sya, les taxis motos, initialement destinés au transport des biens, marchandises…, se sont progressivement imposés dans celui des personnes, foulant aux pieds la réglementation en vigueur.
En effet, le décret n°2012-559/PRES/PM/MTPEN/MEF/MICA/MATDS/MID du 5 juillet 2012 interdit, en son article 5, l’exploitation à titre onéreux des vélomoteurs et motocyclettes comme « moto taxis » pour le transport public de personnes à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.
Le lieutenant de police, Moctar Ouédraogo est le chef de la cellule des opérations de l’antenne Ouest de l’Office national de sécurité routière (ONASER). Il se veut plus explicite. Outre les marchandises, renseigne-t-il, seule une personne, en plus du conducteur, est autorisée à prendre place à bord d’un tricycle. Les deux occupants ont obligation de porter des casques homologués. Aussi, le chauffeur doit être âgé d’au moins 18 ans et détenir un permis de conduire de catégorie A1. Le lieutenant rappelle également que les marchandises ne doivent pas dépasser la carrosserie de l’engin.
14 ans après l’adoption de cette loi, la réalité est tout autre à Sya. En 2024, la ville de Bobo-Dioulasso comptait 20 364 tricycles, selon les chiffres de la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM). Tous, ou presque, transportent régulièrement de nombreux passagers, en violation de la législation en vigueur, reconnait l’Association des conducteurs de tricycles de Bobo-Dioulasso (ACT-B). « Beaucoup de nos membres ne respectent pas la loi. Or, le non-respect des règles peut avoir des conséquences », affirme le secrétaire général de l’ACT-B, Tidiane Kologo. Parmi celles-ci, il cite les accidents de la circulation.
137 accidents en 6 mois
Le président de l’AFOV, Ousmane Sawadogo, pense que les taxis-motos représentent le « plus grand danger » sur les routes de Sya.
Les données de l’antenne ouest de l’ONASER, compilées auprès de la Police nationale et de la Gendarmerie, permettent de mesurer l’ampleur des incidents routiers impliquant les « trois roues ». Au premier semestre 2026, 1 113 accidents ont été enregistrés à Bobo-Dioulasso. Ils ont fait 1 048 blessés et 27 morts. Dans cette série noire, les taxis-motos occupent une place importante. Ils sont impliqués dans 137 accidents. Soit, près de 23 accidents par mois. Dans le détail, 84 accidents ont opposé des tricycles à des véhicules et 44 collisions
à des engins à deux roues. Trois accidents ont concerné des piétons renversés par des tricycles. Trois autres correspondent à des chutes libres et trois accrochages ont opposé des tricycles entre eux.
Du côté des soldats du feu, le constat est le même. Les interventions liées aux
accidents impliquant des tricycles se sont multipliées au fur et à mesure que ces engins se sont imposés dans le transport des personnes, constate le sous-lieutenant, Drissa Zaré, chargé de l’expédition des affaires courantes de la deuxième compagnie d’incendie et de secours. Les chiffres de la compagnie illustrent une tendance haussière. De 95 interventions en 2019, avec 106 victimes, le nombre est passé à 225 interventions pour 227 victimes en 2023. En 2025, 220 interventions ont encore été enregistrées, faisant 229 victimes.
De 2019 à 2025 donc, les soldats du feu ont ainsi effectué 1 277 interventions et porté secours à 1 336 victimes. « Les victimes sont généralement, les passagers à bord des tricycles, les conducteurs des tricycles, mais également d’autres usagers de la route, notamment les motocyclistes, les cyclistes ou les piétons », ajoute le chargé de l’expédition des affaires courantes de la deuxième compagnie d’incendie et de secours.
Des blessures et des décès
Dans le quartier Accart-ville, Aminata Ouattara, 48 ans, porte les stigmates de son accident. Assise sur une natte devant une épicerie, les béquilles posées près d’elle, sa jambe droite est immobilisée dans un épais plâtre. Des broches métalliques maintiennent sa
fracture. Son visage et ses bras portent encore des égratignures.
Dans la ville de Sya, le taxi-moto est utilisé…
Deux semaines auparavant (vendredi 17 juillet, ndlr), elle a chuté d’un tricycle quand elle revenait du grand marché de Bobo-Dioulasso. L’engin a percuté des usagers immobilisés au feu tricolore. « Le chauffeur roulait à vive allure », témoigne-t-elle. Selon dame Aminata, il a accéléré pour franchir le feu orange, alors que les usagers qui le précédaient s’étaient déjà arrêtés. Le choc a fait plusieurs
blessés et endommagé des motos.
Evacuée au Centre de santé avec antenne chirurgicale (CMA) du secteur 22, elle affirme avoir déjà dépensé plus de 150 000 F CFA pour ses soins. Aujourd’hui, elle a du mal à se déplacer seule.
« Les taxis-motos nous rendent service, mais c’est un vrai danger !», souffle-t-elle. Et pour cause, emprunter un taxi moto pour ses courses peut se révéler être un service qui se paie parfois au prix du sang.
Sur le bitume bobolais, le diagnostic clinique des blessures varie : égratignures, plaies béantes, contusions, fractures, membres broyés, parfois des traumatismes crâniens. Tout dépend, explique le sous-lieutenant Zaré, de la violence de l’impact, de la position du corps au moment du choc, et du port ou non d’équipements de protection. « Malheureusement, ces accidents ont parfois entraîné des blessures graves et des décès », ajoute le sous-lieutenant, Drissa Zaré. Entre 2019 et 2025, la compagnie des sapeurs-pompiers a dénombré 25 décès liés aux tricycles.
… comme tout autre moyen de transport de passagers, malgré les risques.
Le mercredi 3 juin 2026, un passager de tricycle n’est jamais rentré chez lui. Ce jour-là, rapporte le lieutenant de police, Moctar Ouédraogo, de l’antenne ouest de l’ONASER, un accident mortel s’est produit sur la route nationale n°1, à hauteur de l’hôpital de Pala. Le conducteur a reconnu avoir perdu le contrôle de son engin, suite à une défaillance du système de freinage, alors qu’il roulait dans une zone en descente. Il a percuté un camion. Malheureusement, l’un des passagers à bord du tricycle a perdu la vie.
Dans la ville de Sya, le tricycle est devenu une véritable source d’insécurité routière. Une situation qui inquiète les acteurs chargés de veiller à la sécurité routière. Ousmane Sawadogo préside l’Association Faso One Village (AFOV), engagée dans la promotion de la sécurité routière à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.
Sur le terrain, depuis plusieurs années, entre sensibilisation des usagers et régulation de la circulation, il a été témoin du changement de vocation des tricycles dans la capitale économique du Burkina Faso. D’un simple moyen de transport de biens, de marchandises et autres matériaux, ils sont devenus, à partir de 2011, un moyen de transport en commun. Aujourd’hui, il est formel :
« Le plus grand danger sur les routes de Bobo-Dioulasso, ce sont les tricycles ».
Au poste de la police municipale, le directeur général, Seydou Coulibaly, évoque également un « risque très élevé d’accidents », lorsque ces engins transportent des usagers. Selon lui, ils ne sont pas adaptés à ce type de transport.
« L’incivisme a la peau dure »
Le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, lui, insiste sur leur vulnérabilité. « Le tricycle n’est pas aménagé pour transporter des passagers », argue-t-il. Aucun siège n’est prévu pour les accueillir et aucun dispositif de sécurité ne les protège en cas de chute. Il n’y a pas non plus de ceinture de sécurité. Les passagers s’asseyent sur la bordure du porte-bagages. « A la moindre secousse,
ils peuvent tomber », regrette-t-il.
Le lieutenant de police Moctar Ouédraogo de l’antenne ouest de l’ONASER : « Le tricycle n’est pas aménagé pour transporter des passagers ».
A ces risques, s’ajoutent d’autres infractions. Il s’agit du non-port du casque, du défaut de permis de conduire, de l’excès de vitesse, du non-respect des feux tricolores, de l’absence d’assurance ou de visite technique. Le non-paiement des taxes, la surcharge des marchandises et, surtout, les pratiques dangereuses liées au transport de personnes, viennent allonger la liste des périls.
« Un conducteur de tricycle transporte en moyenne 12 passagers par voyage dans la ville de Sya. Pourtant, cet engin qui ne devrait en prendre qu’un, en plus du chauffeur », estime Dr Aminata Kaboré, enseignante-chercheure à l’université Faustin Sié Sib (UF2S) et co-auteure d’une étude intitulée : « Transport de personnes par tricycles à Bobo-Dioulasso : les remplacer ou en faire un levier de mobilité durable ? », publiée en décembre 2024.
Conducteur de taxi-moto depuis quatre ans, Romaric Hien reconnaît une part de responsabilité des chauffeurs dans les infractions qui leur sont reprochées. Il explique que la surcharge vise surtout à augmenter les recettes. Mais, cette pratique comporte des risques. « Quand le tricycle est chargé, il devient difficile à contrôler », admet-il. Au moindre obstacle ou lors d’un freinage brusque, l’engin peut perdre son équilibre et se renverser, précise-t-il.
Madina Konaté, 23 ans, en a fait l’amère expérience. Alors qu’elle revenait de quartier Sarfalao, le tricycle dans lequel elle avait
pris place a chaviré après un mauvais dépassement.
« Nous étions neuf dans le tricycle et il y avait beaucoup de marchandises. Quand il a basculé, je me suis retrouvée à terre avec une entorse. Mon fils a eu plusieurs égratignures. D’autres passagers ont été grièvement blessés », se souvient-elle, douloureusement.
Mais, les conducteurs ne sont pas les seuls à blâmer. Pour Ousmane Sawadogo, président de l’AFOV, les usagers ont également leur part de responsabilité. « La population est fautive », estime-t-il. Selon lui, ni le faible coût de la course ni la possibilité d’être déposé devant son domicile ne justifient de prendre de tels risques. « Il n’y a pas de raison de monter sur un engin qui met votre vie en danger, simplement parce qu’il est moins couteux », déplore-t-il. Pour le président de l’AFOV, les usagers doivent donc assumer leur part de responsabilité.
« Si quelque chose de grave arrive, ce n’est ni la faute du gouvernement, ni celle de Dieu », tranche-t-il.
Pour le sous-lieutenant Drissa Zaré de la deuxième compagnie d’incendie et de secours, le tricycle ne doit pas devenir une source de danger pour les humains.
Pour lutter durablement contre le phénomène, les forces de l’ordre misent sur un mélange de sensibilisation et de répression. Aux carrefours, aux feux tricolores et sur les grandes avenues de Bobo-Dioulasso, les contrôles se multiplient. Les opérations combinent éducations, interpellations et mises en fourrière des engins en infraction. L’antenne ouest de l’ONASER y participe activement. Son chef de la cellule des opérations, le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, fait savoir que des campagnes de sensibilisation sont régulièrement menées auprès des conducteurs, notamment sur l’interdiction d’utiliser les tricycles pour le transport de passagers. Les usagers sont également informés des risques liés à la surcharge.
Mais, la sensibilisation ne suffit pas toujours. Les forces de l’ordre procèdent aussi à des interpellations. Selon l’étude menée par Dr Aminata Kaboré, entre 2013 et 2018, les agents municipaux de Bobo-Dioulasso ont mené 88 opérations de contrôle de la circulation des tricycles. Ces contrôles ont permis de mettre en fourrière 3 635 engins, principalement pour transport de passagers, détaille-t-elle.
Pour le DG de la police municipale, le problème réside surtout dans le non-respect des règles. L’argument du manque de transports en commun ne tient plus, de l’avis de Seydou Coulibaly. « Aujourd’hui, les bus sont là », précise-t-il.
User de la carotte et du bâton
Face à la multiplication des risques liés à l’usage des tricycles, les acteurs de la sécurité routière plaident pour une réponse globale. Pour le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, il faut agir avec méthode. Il recommande
« la carotte et le bâton ». La sensibilisation doit se poursuivre, mais les contrevenants doivent aussi être sanctionnés. L’officier de police invite les populations à privilégier des moyens de transport plus sûrs, notamment les bus publics et les taxis ordinaires. Il note le renforcement du parc de la Société de transport en commun (SOTRACO) qui dessert désormais plusieurs zones périphériques. « Dans les bus, il y a plus de sécurité et de confort », soutient-il. A défaut, il encourage les chauffeurs à utiliser des
tricycles conçus et équipés pour le transport de passagers.
Depuis la caserne, un appel résonne. Les sapeurs-pompiers exhortent à la prudence sur les routes. « Le tricycle est un moyen de transport pour les marchandises, il ne doit pas devenir une source de danger pour les hommes », prévient le sous-lieutenant Drissa Zaré, de la deuxième compagnie d’incendie et de secours. Son message tient en une conviction : « La prévention est notre première intervention ». Avant que les secours n’interviennent, chacun peut déjà, par son comportement, éviter le pire sur la route.
Le SG de l’ACT-B, Tidiane Kologo, plaide pour une professionnalisation du transport de passagers par les tricycles.
Du côté des conducteurs, l’accent est mis sur la professionnalisation du secteur. Le secrétaire général de l’association des conducteurs de tricycles de Bobo-Dioulasso, Tidiane Kologo, propose de rendre obligatoire le permis de conduire, après une formation sur la sécurité routière. Il préconise également des visites techniques régulières pour écarter les engins vétustes et sanctionner les transformations artisanales dangereuses.
Pour le directeur général de la police municipale de Bobo-Dioulasso, Seydou Coulibaly, la priorité reste l’appropriation des règles. Il exhorte les conducteurs à « s’approprier la réglementation et le Code de la route ».
En attendant la mise en œuvre de ces réformes structurelles et l’application effective de la réglementation, le manège mortel se poursuit dans les rues de la deuxième ville du Burkina Faso.
Aux abords du grand marché, le vacarme des moteurs est assourdissant. Par dizaines, les tricycles y sont stationnés. En cette fin de journée du 1er août 2026, certains chauffeurs attendent leurs clientes, tandis que d’autres chargent les bagages des commerçantes qui s’affairent à rejoindre leurs domiciles. Parmi eux, Arouna Sawadogo s’apprête à bouger. Dans sa caisse métallique, 11 femmes et trois jeunes filles, ont déjà pris place. Il entasse ensuite des sacs de fruits et de légumes, des paniers et des seaux.
Il sait que cette pratique est interdite. Il connait aussi les risques y afférents. « Mais, si je refuse une cliente, elle ira voir ailleurs. On ne peut pas non plus transporter les bagages d’une personne, sans elle », confie le
trentenaire. 18h20. Direction le quartier Bindougousso. Trois autres passagers monteront à bord, portant le nombre total à 17. Aucun confort, le risque est omniprésent. La stabilité du tricycle est précaire et, à tout moment, l’engin peut basculer. Arouna n’en a cure. Ses passagers, non plus. Dans la cité de Sya, les tricycles règnent toujours en maitre sur les voies, avec ses multiples dangers…
Djakaridia SIRIBIE
dsiribie15@gmail.com
«Il sera judicieux de penser à une action … », Dr Aminata Traoré, enseignante-chercheureSidwaya (S.) : Vous êtes co-autrice de l’étude intitulée : « Transport de personnes par tricycles à Bobo-Dioulasso : les remplacer ou en faire un levier de mobilité durable ? », publiée en décembre 2024. Dans quel contexte et dans quel cadre cette étude a-t-elle été réalisée ?Dr Aminata Traoré : « le Burkina Faso gagnerait à faire cas d’école pour certains pays d’Afrique ou d’Asie où ces moyens sont utilisés comme modes de transport de personnes ».Aminata Traoré (A.T.) : Effectivement, cet article est le fruit d’une
collaboration avec Dr Ousseny Sigué, chercheur à l’Institut national des sciences des sociétés (INSS). Cette étude est tirée des résultats de notre thèse de doctorat unique soutenue en octobre 2024 au laboratoire « Dynamique des espaces et sociétés » de l’école doctorale des lettres, sciences humaines et communication à l’université Joseph-Ki-Zerbo. Le titre de la thèse est : « Les transports urbains à Bobo-Dioulasso : concurrence et complémentarité ». Pour le contexte, on est parti du postulat que le système des transports urbains est dynamique. Pour rappel en 2008, on avait investigué le terrain dans le cadre de notre mémoire de maitrise qui porte sur le transport de personnes des ménages à Bobo-Dioulasso. En ce moment, l’offre de transport par tricycles n’y était pas développée. C’est entre 2010 et 2011 que ce nouvel moyen de transport a fait son apparition dans la scène des transports. Et donc, on a trouvé pertinent d’investiguer à nouveau et comprendre pourquoi, ce type de transport s’est développé à Bobo-Dioulasso. C’est surtout l’accroissement rapide du nombre de ce type d’engins qui a retenu notre attention et on n’a pas hésité à nous lancer. C’est dans le cadre de la vulgarisation des résultats de nos travaux que cette étude a été réalisée.
S. : Quels sont les principaux enseignements qui ressortent de votre enquête sur le développement du transport de personnes par tricycles à Bobo-Dioulasso ?A.T. : Les principaux enseignements sur le développement du transport de personnes par tricycles dans la ville de Bobo-Dioulasso sont que ce moyen de transport est rentré dans les habitudes de mobilité des bobolais. Cela est perceptible à travers le parc de tricycles qui évolue rapidement. De 4 tricycles en 2014, le nombre est passé à 9 506 en 2021. Et selon les récents chiffres fournis par la direction générale des transports terrestres et maritimes, en 2024, ce parc est estimé à 20 364 tricycles.
Ensuite, il y a le poids ou le rôle économique du sous-secteur des tricycles dans le budget communal de Bobo-Dioulasso. Avec les paiements de la patente et de la taxe de stationnement qui coûtent 20 000 F CFA pour les tricycles par an, on a pu estimer en 2021, la contribution de ce secteur au budget de la commune à 79 200 000 F CFA par an. Cependant, tous les détenteurs de tricycles ne s’acquittent pas de ces différentes taxes, ce qui constitue un manque à gagner pour la commune. Ils jouent également un rôle dans l’absorption de la main-d’œuvre. Ce secteur contribue à la réduction du nombre de chômeurs à Bobo-Dioulasso. Le nombre de travailleurs dans le domaine est d’au moins 5 806 conducteurs de tricycles et apprentis si l’on considère les chiffres avancés par le Ministère en charge des Transports en 2021.
S. : Comment expliquez-vous que le transport de passagers par tricycles continue de se développer à Bobo-Dioulasso alors même que la réglementation l’interdit ?A.T. : L’article 4 du décret n°2012-559 du 5 juillet 2012 portant conditions et modalités d’exploitation à titre onéreux et pour compte propre des vélomoteurs, motocyclettes, tricycles et quadricycles, dans les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, interdit aux chauffeurs de tricycles dans ces villes de transporter des personnes. Etant confronté à la rareté des clients pour le transport des marchandises, et profitant du vide laissé par les transports en commun institutionnels, les tricycles se sont vite transformés en transport de personnes. Et comme c’était rentable et les conditions d’exploitation flexibles, alors, plusieurs jeunes au chômage se sont convertis en chauffeurs de tricycles. Aussi, le coût des deux roues motorisés (achat et utilisation) ont contraint et continuent de contraindre une frange de la population à utiliser le tricycle pour leur déplacement. Il y a aussi la souplesse et la flexibilité dans l’utilisation des tricycles. Ils arrivent là où les autobus de la SOTRACO et les taxis n’arrivent pas, les tricycles desservent presque tous les points de la ville.
S. : Au regard de vos résultats, quels sont les principaux risques que présente le transport de passagers par tricycles pour la sécurité des usagers ?A.T. : Les usagers sont exposés au risque d’accident de la circulation. Ce sont des véhicules qui ne sont pas adaptés au transport de personnes. On constate qu’ils n’ont pas de places assises et ils sont souvent vétustes et polluants. Les tricycles sont impliqués dans 7,19% des accidents entre 2017 et 2021 selon l’ONASER. Aussi, la majorité des conducteurs n’ont pas une grande connaissance du Code de la route.
S. : Votre étude pose la question de savoir s’il faut remplacer les tricycles ou en faire un levier de mobilité durable. Quelle solution préconisez-vous ?A.T. : Aujourd’hui, le transport par tricycle fait l’objet de plusieurs récriminations, surtout dans son rôle de transport de personnes. Si
l’interdiction des tricycles permet de réduire les risques d’accidents, elle va forcément exclure des citadins du système de transport. Il sera judicieux de penser plutôt à une réorganisation du système actuel avec l’implication de toutes les parties prenantes, sans exclusion aucune, qu’à la suppression des tricycles. Le Burkina Faso gagnerait à faire cas d’école pour certains pays d’Afrique ou d’Asie où ces moyens sont utilisés comme modes de transport de personnes.
Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme organise un colloque international sur le thème : « Souveraineté : héritage culturel et vision de Cheikh Anta Diop » les 14 et 15 octobre 2026 à Ouagadougou.
Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme veut faire connaitre davantage la vision du panafricaniste, Cheikh Anta Diop. A l’occasion de la commémoration du 30e anniversaire de l’assassinat du capitaine Thomas Isidore Noël Sankara, le département organise un colloque international sur le thème :
« Souveraineté : héritage culturel et vision de Cheikh Anta Diop » les 14 et 15 octobre 2026 à Ouagadougou. Durant deux jours, 52 communications vont être présentées en présentiel et en visioconférence dans neuf localités du Burkina Faso, notamment les villes de Ouagadougou, Koudougou, Fada N’Gourma, Gaoua, Boromo, huit d’Afrique dont le Sénégal, le Mali, le Niger, la Côte d’Ivoire et quatre des autres pays du monde dont le Canada, les Etats-Unis d’Amérique et l’Ouzbékistan. Les communications abordent des sujets qui s’inscrivent dans sept axes de réflexion. Ce sont, entre autres, la primauté de l’Afrique noire, l’unité culturelle africaine, le refus du racisme, le rôle politique de l’histoire, la méthodologie scientifique, les polarités africaines, le développement et l’auto-détermination. La communication inaugurale a été donnée par le professeur Aziz Salmone Fall.
Un même combat pour le panafricanisme
Le ministre chargé de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo : « Il est de notoriété mondiale que Cheikh Anta Diop et Thomas Sankara ont partagé le même combat pour l’émancipation totale de l’Afrique ».
La cérémonie d’ouverture du colloque a été présidée par le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo. Il a confié que les communications entendent montrer le lien historique entre Cheikh Anta Diop et Thomas Sankara.« Il est de notoriété mondiale que Cheikh Anta Diop et Thomas Sankara ont partagé le même combat pour l’émancipation totale de l’Afrique. Ils ont été de fervents panafricanistes, ont cru en la souveraineté de l’Afrique et refusé la domination étrangère », a-t-il relevé. Pour le ministre chargé de la Culture, ces grandes figures africaines, bien que différentes par leurs parcours et champs d’action, ont porté une même exigence, celle de la dignité, de la liberté et de la souveraineté des peuples africains. Il a par ailleurs déclaré que Cheikh Anta Diop a enseigné que l’Afrique ne saurait se projeter dans le monde si elle demeure privée de la connaissance de son passé.
« La souveraineté de l’Afrique ne se réduit donc pas à la maîtrise de ses propres ressources naturelles ou à l’indépendance de ses décisions politiques. Elle est également culturelle, intellectuelle, scientifique et mémorielle. Elle suppose que nous puissions raconter notre histoire avec nos propres mots, transmettre nos valeurs, protéger nos patrimoines et produire les connaissances nécessaires à l’émancipation de nos peuples », a souligné le ministre chargé de la Culture. Il a assuré que les publications ultérieures des actes du colloque vont être valorisées afin d’assurer leur large diffusion. Aussi, elles vont constituer une précieuse contribution aux débats et permettront de prolonger les réflexions engagées. En avril 1986, le professeur Cheikh Anta Diop avait été invité à la conférence inaugurale du symposium organisé du 20 au 26 avril 1986, en vue de la création de l’Institut des peuples noirs (IPN) aujourd’hui Farafina.
Malheureusement, il est décédé le 7 février 1986.
Le président de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs semenciers du Burkina (UNPS-B), Inoussa Ouédraogo a visité, dans le cadre du suivi des activités de production semencières, deux champs dans le village de Lago, dans la commune de Gourcy, province du Zandoma, mardi 13 octobre 2026.
L’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs semenciers du Burkina (UNPS-B) ambitionne d’atteindre un niveau de produc-tion national record de 60 000 tonnes de semences, toutes spéculations confondues pour la campagne agricole 2026-2027. Pour relever ce défi, le président de l’UNPS-B, Inoussa Ouédraogo, a entamé une tournée de suivi des activités de production semencière dans les différentes régions. Le mardi 13 octobre 2026, dans le village de Lago, dans la commune de Gourcy, région de Yaadga, il a pu constater l’évolution de productions de semences de riz et de sorgho blanc du producteur Saidou Ouédraogo. Pour une exploitation de cinq hectares (ha) de la variété de riz FKR19 cultivée, la production est en phase de moisson. Il est attendu sur cette superficie 20 tonnes soit 4t/ha.
S’agissant du sorgho blanc, du champ de trois hectares à l’étape de maturité, il est attendu un rendement de cinq tonnes.
« Nous avons pu constater que les champs sont assez encourageants », a déclaré Inoussa Ouédraogo. Selon lui, ces résultats témoignent d’une certaine résilience des producteurs liée à la formation et au renforcement des capacités qu’ils bénéficient. Le président de l’UNPS-B a salué l’ingéniosité du producteur qui utilise le système d’irrigation d’appoint ayant permis de sauver sa production.
« C’est en cela que nous encourageons les producteurs à l’utilisation des semences de qualité. Malgré les conditions climatiques difficiles, il a pu tirer son épingle du jeu », a-t-il commenté. Le président de l’UNPS-B a fait savoir que certaines provinces ont été touchées par des poches de sécheresse constatées qui ont impacté des spéculations à savoir le maïs et le niébé.
Produire davantage
Mais à son avis, la région de Yaadga n’étant pas une zone productrice de maïs, les autres localités à forte production pourront compenser le manque à gagner. Il a également rassuré que des mesures diligentes ont été prises par le gouvernement à travers le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, notamment la foration pour une disponibilité en eau. A cet effet, Inoussa Ouédraogo a invité les membres de l’UNPS-B à s’inscrire dans cette dynamique, afin de voir dans quelle mesure il faut travailler ensemble pour atteindre l’objectif.
Le président de l’UNPS-B a encouragé les producteurs réinstallés de la localité à produire davantage pour être autosuffisants en termes de fourniture en semences. Le producteur semencier Saïdou Ouédraogo a salué l’équipe de la mission pour cette visite qui le galvanise à persévérer dans son activité. Il a reconnu la nécessité de l’encadrement des agents techniques d’agriculture ayant permis d’atteindre ce résultat. En pleine moisson de riz, le producteur a été rassuré que ses doléances, surtout son besoin en batteuse sera pris en compte au niveau de la faitière pour diminuer la pénibilité du travail.
Le président de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs semenciers du Burkina, Inoussa Ouédraogo, a visité, lundi 12 octobre 2026, à Bagré, des champs de riz et de maïs pour s’assurer l’état d’avancement de la campagne et identifier les difficultés.
En dépit d’une saison humide peu pluvieuse, la production semencière dans la région du Nakambé laisse place à l’optimisme. Le président de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs semenciers du Burkina (UNPS-B), Inoussa Ouédraogo, a fait le constat le lundi 12 octobre 2026, dans la commune de Bagré. A V6 au Sud de Bagré, Inoussa Ouédraogo et sa délégation ont d’abord visité un champ de riz de 10 hectares, de la variété TS2, puis un autre de 50 hectares de la variété de FKF19, appartenant à l’Union des producteurs semenciers de Bagré. Le constat, fait sur place, montre une bonne physionomie, selon le président de l’Union des producteurs semenciers de la région du Nakambé, Issaka Sango. « Le riz est au stade de montaison et il ne reste plus que deux semaines pour donner des panicules », a-t-il dit. Pour arriver à ce résultat, il a confié que 200 kg de NPK, 200 kg d’urée et 5 tonnes de compost ont été apportés à l’hectare
afin d’avoir un bon rendement.
« L’évolution de la campagne semencière est satisfaisante parce qu’au début, nous avons eu peur à cause des poches de sècheresse. Mais pour le moment, nous avons reçu des eaux tardives qui nous ont permis de boucler les cycles des spéculations des hautes terres, comme le maïs, le mil et le sorgho », a-t-il déclaré, confiant. Ce résultat, selon le producteur semencier est également à mettre à l’actif du gouvernement qui a permis à sa coopérative de bénéficier d’engrais à prix subventionné, soit 22 000 F CFA le sac pour les grands producteurs contre plus de 30 000 F CFA sur la place du marché.
« Nous avons aussi eu des tracteurs subventionnés qui nous ont aidés à faire les labours », a ajouté Issaka Sango. Il a souligné que le rendement à l’hectare dépend des variétés. Pour la variété de riz TS2, il est attendu à 5 à 6 tonnes à l’hectare alors que pour la FKF19, le rendement prévisionnel oscille entre 4 à 4,5 tonnes à l’hectare.
Après le champ de riz, le cap a été mis ensuite sur un champ de 50 ha de maïs, de la variété « Massongo » au centre de
Bagré, appartenant à la même coopérative. Le maïs, censé donné jusqu’à 5 tonnes à l’hectare, est au stade de maturité. Du reste, les visiteurs du jour ont pu se saisir de quelques épis de maïs afin d’apprécier la qualité des grains. Pour le président de l’UNPS-B, Inoussa Ouédraogo, cette visite dans la région du Nakambé entre dans le cadre d’une tournée entreprise pour apprécier l’évolution de la campagne et s’entretenir avec les membres de l’union, les galvaniser et identifier les difficultés.
Un objectif de 60 000 tonnes
Le maïs de la variété « Massongo » de 50 ha est au stade de maturité.
« La semence compte pour 40% dans l’atteinte des objectifs de la production. Compte tenu du fait que la campagne a été difficile, nous nous sommes donnés un objectif de 60 000 tonnes », a-t-il justifié. Le président de l’UNPS-B a expliqué que cela
est d’autant plus nécessaire que le gouvernement a annoncé des mesures urgentes pour la campagne sèche pour pallier les effets de la mauvaise campagne agricole humide. Cette décision requiert, à son avis, qu’il y ait de la semence de qualité. Le président de l’UNPS-B s’est dit satisfait de la campagne en cours dans la région du Nakambé. « Avec la reprise des pluies, il y a motif de satisfaction, parce que le maïs a pratiquement bouclé son cycle et nous pouvons dire que dans la localité, il y a eu plus de peur que de mal », s’est-il réjoui.
Inoussa Ouédraogo a fait comprendre aux producteurs de Bagré que certaines zones n’ont pas eu les mêmes chances qu’eux, par conséquent, ils doivent travailler pour bien entretenir les plants et répondre aux besoins du Burkina dans la quête de la souveraineté alimentaire. Il a invité les producteurs semenciers à maitriser la période des post-récoltes au cours de laquelle l’on enregistre beaucoup de pertes de graines. Dans ce sens, Inoussa Ouédraogo a fait savoir que le ministère en charge de l’agriculture a prévu de les accompagner avec du matériel de nettoyage et de conditionnement pour accélérer les travaux et entamer la saison agricole sèche. Pour la région du Nakambé, il a dit attendre plus de 4 500 tonnes de riz au vu de la physionomie des plants constatée dans les champs. Le patron de l’UNPS-B a saisi l’occasion pour inviter les producteurs à utiliser les semences certifiées. Pour lui, le changement climatique qui occasionne la rareté des pluies et l’amélioration de la productivité requièrent l’utilisation d’une semence de qualité. « Il faut que les producteurs arrivent à accroitre leurs rendements. Ils ne pourront pas s’en sortir s’ils n’allient pas cycle et rentabilité », a-t-il conclu.
Dans le cadre de la campagne nationale de communication sur le sous -projet « entreprendre au féminin », des plaidoyers sur l’entrepreneuriat féminin et l’accès des femmes à la terre et à la propriété foncière ont été menés dans les communes concernées de Koudougou, Kokologho et Réo, du 12 au 14 Octobre 2026, à l’endroit des chefs coutumiers et religieux pour sa mise en œuvre réussie.
« Faciliter une meil-leure communication sur l’entre- prenariat et l’auto- nomisation des femmes dans les communautés, faciliter et garantir l’accès des femmes à la terre et à la propriété foncière en milieu rural, promouvoir et protéger les droits fonciers des femmes dans le respect des lois nationales et des valeurs coutumières évolutives, sensibiliser et mobiliser les communautés afin de lever les obstacles culturels et sociaux qui freinent l’égalité d’accès à la terre et à la propriété foncière par les femmes et créer des cas de dialogue participatif et inclusif pour l’accès à la terre et l’entreprenariat féminin ,etc. ».
Ces engagements ont été pris par l’Union des religieux et des coutumiers du Burkina pour la promotion de la santé et le développement (URCB/SD) à l’issue des plaidoyers menés, du 12 au 14 octobre à Koudougou, Kokologho et Réo. Selon la cheffe du projet « entreprendre au féminin », Apolline Kalga, l’objectif du plaidoyer est de sensibiliser la communauté et convaincre les leaders sur l’importance et le bien- fondé de la contribution de la femme dans l’économie formelle. « Si les femmes ont un espace formel pour entreprendre, et mener des activités génératives de revenus en toute sécurité, cela va se ressentir sur l’économie du Burkina Faso. Déjà, elles s’investissent à 80 % dans l’agriculture pourtant, et moins de 10 % d’entre elles ont des espaces sécurisés », a-t-elle relevé. Sans le titre foncier ou l’Attestation de possession foncière rurale (APFR), a poursuivi Apolline Kalge, il est difficile d’investir ainsi
que d’avoir des financements conséquents et des formations.
Vivement des terres sécurisées pour les femmes
Selon le Naaba Baongo du quartier Bourkina de Koudougou, les coutumiers mettent en pratique les engagements pris.
« C’est donc un frein à l’entrepreneuriat féminin. C’est pourquoi nous plaidons pour que l’accès à la terre soit une réalité. Nous sommes satisfaits, parce que le message est passé. Les participants ont pris l’engagement de transmettre l’information et de sensibiliser dans leurs lieux de travail, de culte et dans la communauté », a précisé la cheffe de projet. Pour elle, le fait que l’information soit passée est déjà une victoire. Nous allons faire le suivi et voir jusqu’où les engagements vont aboutir » a-t-elle dit. A cela, la « Napoko » du canton de Kokologho a trouvé l’initiative inédite, parce qu’elle a toujours espéré avoir l’opportunité de rencontrer des structures qui œuvrent dans ce sens, exprimer son engagement à contribuer au développement du pays. « L’espoir est permis.
En termes de disponibilisation des terres pour permettre aux femmes d’investir, il y a de la ressource. Tant qu’elles ont un soutien, elles sont suffisamment engagées pour donner le meilleur d’elles-mêmes. On a bon espoir, car, de plus en plus, les hommes essaient de mettre les femmes au centre de certaines activités pour être sûrs qu’il y aura un impact pour la famille, la communauté, et le pays » a-t-elle ajouté. Et le Naaba Baongo du quartier Bourkina de Koudougou de rassurer que des actions seront menées pour accompagner l’accès des femmes à la terre et à une propriété foncière dans la région. A la suite des plaidoyers, la caravane a animé des causeries débats avec les femmes en vue de leurs informer et sensibiliser sur la nécessité d’entreprendre sur une terre sécurisée.
Le 15 octobre 2026, le Burkina Faso commémore l’assassinat du capitaine Thomas Sankara au mémorial qui porte son nom, à Ouagadougou. 39 ans après sa disparition tragique, la mémoire de celui qui a profondément marqué l’histoire politique du Burkina Faso et du continent africain demeure toujours vivace. Mais, au-delà du devoir de mémoire, cette commémoration constitue une occasion de revisiter son combat, ses idéaux et sa vision d’un Burkina Faso souverain, digne et résolument engagé sur la voie du développement endogène. Elle offre, en effet, l’occasion de revisiter l’héritage de l’homme, dans un contexte où les aspirations à l’indépendance véritable et à la maîtrise des ressources nationales occupent une place centrale.
Ce n’est pas trop de le dire, Thomas Sankara incarne une ambition de transformation profonde de la société burkinabè voire de l’Afrique toute entière. A travers la Révolution démocratique et populaire, engagée en 1983, il a porté un projet fondé sur la souveraineté nationale, la justice sociale, l’intégrité dans la gestion des affaires publiques et la valorisation des ressources locales. Pour lui, l’indépendance politique ne pouvait avoir de sens sans une autonomie économique réelle, une rupture avec les réflexes de dépendance et une mobilisation consciente des populations autour des objectifs de développement. Ainsi, son appel à consommer burkinabè, à produire localement et à compter d’abord sur ses propres forces traduisait la conviction qu’un peuple ne peut véritablement maîtriser son destin s’il demeure dépendant de l’extérieur pour satisfaire ses besoins essentiels.
Cette vision reposait sur des orientations concrètes en faveur de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, de l’assainissement et de l’amélioration des conditions de vie des populations. Son combat contre la corruption, les privilèges indus et le gaspillage des ressources publiques demeure, à cet égard, une exigence fondamentale pour toute politique de développement durable. Aujourd’hui, sous la conduite du capitaine Ibrahim Traoré, plusieurs de ces idéaux sont mis au goût du jour. La promotion de la souveraineté nationale, la valorisation des ressources endogènes, le développement de la production locale et la recherche d’une plus grande autonomie économique s’inscrivent dans cette dynamique. Les initiatives engagées dans les secteurs agricole, industriel et énergétique, ainsi que l’affirmation d’une diplomatie davantage tournée vers la défense des intérêts nationaux, traduisent cette volonté de reprendre en main les leviers du développement.
Par ailleurs, l’engagement de Thomas Sankara en faveur de l’unité africaine, son rejet de la domination impéria-liste et son plaidoyer pour un ordre économique international plus juste ont fait de lui une figure emblématique du panafricanisme. Son exemple rappelle que la souveraineté se construit par le travail, la discipline, l’intégrité, la solidarité et la capacité à faire des intérêts des peuples une priorité. Il enseigne également que le développement ne peut être durable sans une mobilisation populaire, une vision politique cohérente et une confiance assumée dans les capacités nationales et africaines. En définitive, la commémoration du 15 octobre ravive l’engagement collectif en faveur d’un Burkina Faso maître de ses choix et d’une Afrique capable de prendre toute sa place dans le concert des nations. C’est vrai que Thomas Sankara a disparu, mais son idéal encore demeure dans les esprits. A l’heure où le Burkina Faso affirme sa volonté de reconquérir sa souveraineté, cet hommage au capitaine Sankara doit inciter chaque Burkinabè, épris de développement, à poursuivre avec lucidité et détermination, le combat pour lequel il a consacré sa vie pour la dignité et l’émancipation des peuples africains.
Le ministère de l’Economie et des Finances organise, du 14 au 16 octobre 2026, à Ouagadougou, une série d’activités de promotion des produits locaux. La célébration du mois du consommons local a débuté par la montée des couleurs nationales et un don au ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale.
Les activités du « mois d’octobre, mois du consommons local » au sein du ministère de l’Economie et des Finances ont été lancées, le mercredi 14 octobre 2026, à Ouagadougou, par une montée des couleurs nationales et la visite des stands d’exposition de produits locaux. Cette exposition se poursuit jusqu’au 16 octobre dans l’enceinte du ministère. En marge de cette célébration, le
ministère de l’Economie et des Finances a fait un don de 3 000 pagnes tissés, 10 tonnes de maïs et 10 tonnes de riz au ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale. « Il suffit parfois d’un grain de mil, d’un morceau de tissu ou d’un objet façonné par la main d’un
artisan pour raconter toute l’histoire d’un peuple », a déclaré la ministre déléguée chargée du budget, Fatoumata Bako.
Pour elle, derrière chaque produit local se trouvent le travail des producteurs, le savoir-faire des artisans, la création d’emplois et des opportunités de développement pour les entreprises nationales. « Produire est un acte de création. Transformer est un acte de valorisation, mais consommer local est un acte qui donne à la production nationale sa raison d’être et son avenir », a-t-elle soutenu. Le thème pour cette septième édition du mois de consommer local à l’échelle de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) est : « consommer local, facteur d’intégration régionale et de solidarité et de souveraineté économique de l’UEMOA face aux mutations du commerce mondial ». Il est une invite à repenser les habitudes d’achat et la place des productions nationales dans l’économie.
Faire du consommer local une réalité
Pour Fatoumata Bako, la multiplicité des chocs internationaux, notamment les tensions géopolitiques, les fluctuations des prix de l’énergie et les changements climatiques, montrent la nécessité pour les pays africains de renforcer leur capacité à produire et à transformer localement. « La souveraineté économique ne signifie pas que nous devons fermer nos portes au monde. Elle signifie que nous devons être capables de choisir nos dépendances, de maîtriser nos priorités et de mobiliser nos propres ressources pour construire notre avenir », a-t-elle expliqué.
Pour la ministre déléguée chargé du budget, le consommer local doit ainsi dépasser le stade des discours pour devenir une pratique quoti-
dienne. Il doit s’inscrire dans les habitudes des ménages, des entreprises, des administrations, des cantines et des différentes structures du pays. Cette dynamique s’inscrit également dans le mot d’ordre des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne à savoir « produisons burkinabè, consommons burkinabè ».
La ministre a invité les Burkinabè à faire de leurs choix de consommation un véritable acte de souveraineté économique. « Chaque fois que nous choisissons un produit burkinabè de qualité, nous contribuons à maintenir une activité, à soutenir un revenu, à préserver un savoir-faire et à préparer une nouvelle possibilité de création de richesse », a-t-elle insisté.
La ministre de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, a exprimé sa reconnaissance au ministère pour le geste de solidarité. Elle a notamment salué la portée symbolique de la montée des couleurs nationales, qui a permis, selon elle, de réaffirmer l’attachement à la Patrie et de rendre hommage à ceux qui sont tombés pour la défense de la Patrie. Elle a également relevé le caractère particulier du don, composé exclusivement de produits locaux.
« Le camarade président du Faso l’a si bien souligné : lorsque nous achetons un produit local, c’est notre souveraineté que nous réaffirmons. J’ajoute que c’est également un acte de dignité parce que nous prenons notre vie en main et que nous maîtrisons ce que nous
consommons », a-t-elle notifié. Elle a en outre, précisé que les produits reçus vont permettre d’améliorer les conditions des populations qui ont repris le chemin de leur village, tout en saluant les efforts des Forces de défense et de sécurité.
Le Secrétaire général (SG) du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, Gaoussou Sanou, a visité la ferme fruitière de Yendéré, dans la province de la Comoé, région des Tannounyan, le lundi 12 octobre 2026. Accompagné de ses techniciens et d’autorités régionales, le secrétaire général a pu constater avec satisfaction l’exploitation de cette superficie jadis peuplée d’anacardiers « improductifs ».
Le 29 décembre 2023, le gouvernement burkinabè procédait à la réquisition de deux fermes fruitières dont une à Yendéré dans la province de la Comoé, région des Tannounyan, pour relancer la production agricole au profit des populations locales. Le 12 février 2026, un décret venait préciser davantage en déclarant d’utilité publique urgente la revalorisation de ces fermes. A Yendéré, cette superficie de 548 hectares (ha) jadis abandonnée en friche est de nouveau utile. Les anacardiers ont été taillés, la surface déblayée et plusieurs spéculations y ont été emblavées pour cette campagne agricole humide 2026-2027.
Une équipe du ministère en charge de l’agriculture conduite par le Secrétaire général (SG), Gaoussou Sanou, a visité ladite ferme dans sa nouvelle version, le lundi 12 octobre 2026. C’était dans le cadre du suivi de la campagne agricole humide. Selon le Directeur de l’Agropole de la Comoé (Ndlr : en référence au cours d’eau), Karim Dao, plusieurs spéculations y sont emblavées pour cette campagne humide. Ce sont entre autres, du maïs, du soja et du sésame, avec en partie de la semence améliorée, qui sont produits sur une superficie de 115 ha.
Karim Dao a indiqué qu’une partie, 45 ha, est exploitée par la population à travers 4 coopératives et l’autre, environ 70 ha, par la société Agropole.
527 000 tonnes de céréales attendues
La délégation a également visité une ferme piscicole propulsée par l’offensive agro-pastorale et halieutique.
La physionomie globale des cultures, à l’écouter, est satisfaisante. Plus de 215 tonnes, a-t-il dit, sont attendues pour cette campagne humide. Le porte-parole des coopératives, Haikayakou Héma, est optimiste quant aux récoltes attendues.
« Nous avons cultivé du maïs et nous sommes sûrs d’avoir une bonne récolte », s’est-il réjoui. Il a salué au passage la décision gouvernementale de réquisitionner cette ferme. « Ça vaut une vingtaine d’années que ce terrain chôme. Nous sommes fiers de la Révolution », a-t-il lancé. Le SG Sanou a fait escale dans une ferme piscicole à Niangoloko, appartement à « EDIBA groupe ». Boukari Nyampa, instituteur à la retraite, s’est réinvesti dans la pisciculture avec la création de cette ferme en 2018.
La ferme, a-t-il expliqué, intervient sur toute la chaîne du poisson de la production des alevins jusqu’à l’assiette en passant par l’élevage en cages flottantes. Actuellement la ferme produit 600 000 alevins tilapia et 300 000 alevins silures par an. « Nous avons actuellement 7 cages flottante sur le barrage de Niofila », a fait savoir le responsable de la ferme. Il a laissé entendre que c’est l’offensive agro-pastorale et halieutique qui a réellement propulsé sa ferme. « Nous faisions environ 5 000 alevins par an, mais avec l’arrivé de l’Offensive nous sommes partis directement à 100 000 alevins par an, puis actuellement 600 000 aujourd’hui », a-t-il raconté. Il a dit projeter la production de 1,2 million d’alevins par an d’ici à mi-2027.
Le Directeur régional en charge de l’Agriculture, Minyemba Souobou, a fait le point de la campagne et des réalisations du ministère dans la région. Nonobstant un démarrage difficile de saison, a-t-il dit, la région espère atteindre ses objectifs. 527 000 tonnes de céréales sont attendues pour cette campagne humide. Le monde rural des Tannounyan, à l’en croire a reçu d’appuis conséquents du ministère. Entre autres, 4 066 tonnes de fertilisants, plus de 1 800 tonnes de semences améliorées, 2 600 ha de labours subventionnés, 8 170 ha de bas-fonds aménagés et environ un million d’alevins pour les 158 cages flottantes que compte la région. En matière d’eau et d’assainissement, foi du directeur régional, ce sont entre autres, 10 adductions d’eau potable simplifiées (AEPS),
2 000 latrines et 39 kits communautaires qui ont été réalisés pour le bonheur des populations.
Le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques a organisé un atelier de présentation du document-cadre de gestion intégrée des déchets solides au Burkina Faso pour la période 2026-2028, mercredi 14 octobre 2026, à Ouagadougou.
Avec une production annuelle d’environ 4 millions de tonnes de déchets par an, le Burkina Faso fait face à la problématique de gestion des déchets, qui se traduit par la prolifération de dépôts sauvages dans les centres urbains et la pollution de l’environnement par les
sachets plastiques. Pour relever ce défis à la fois environnemental et sanitaire, le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques met les bouchée doubles. En effet, le département à travers la direction générale de l’environnement et du cadre de vie a élaboré une stratégie de gestion des déchets couvrant la période de la phase II de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique. Ce document- cadre qui couvre la période 2026-2028 a été présenté aux acteurs de la chaine de gestion des
déchets (groupements d’intérêt économique, associations, etc.), mercredi 14 octobre 2026, à Ouagadougou.
Selon le Directeur général (DG) de l’environnement et du cadre de vie, Abdoulaye Bazié, l’objectif de la mise en place de cette stratégie de gestion des déchets est de mener des actions pour éradiquer complètement la mauvaise gestion des
déchets et résoudre les questions liées à l’assainissement. « La stratégie présente les axes majeurs et actions prioritaires pour lutter contre l’insalubrité et assurer la gestion efficace des déchets dans les centres urbains », a-t-il appuyé.
Déploiement de poubelles dans les grandes villes
La première action, selon lui, va consister au déploiement de contenants (poubelles) dans les grandes villes du Burkina pour
recueillir les déchets dans les espaces publics. La deuxième, quant à elle, va porter sur l’acquisition d’équipements au profit des collectivités territoriales afin de leur permettre de gérer efficacement les déchets, a fait savoir Abdoulaye Bazié.
Pour le Secrétaire général adjoint (SGA) du ministère en charge de l’environnement, Yassia Kindo, la
stratégie vient donner un nouveau souffle, en mettant l’Etat au centre de la gestion des déchets aux cotés des communes qui ont l’exclusivité de ces opérations.
« Nous devons travailler ensemble. Depuis les maillons de pré-collecte, collecte, transport, traitement et valorisation, il faut qu’il y ait l’intervention et l’organisation de l’Etat, avec les acteurs qui y travaillent déjà », a-t-il fait savoir. Par
ailleurs, Yassia Kindol a affirmé que l’une des ambitions est de bannir les moyens rudimentaires comme les charrettes utilisé par les femmes pour la collecte. Pour sa part, le directeur de la salubrité publique et de l’hygiène de la commune de Ouagadougou, Saïdou Nassouri, a salué cet appui de l’Etat aux municipalités dans la gestion des déchets.
Une initiative salutaire« Cette initiative est très salutaire étant donné que nous sommes actuellement à la croisée des chemins en
matière de gestion des déchets. La ville de Ouagadougou avec environ ses 4 millions d’habitants produit 800 000 tonnes de déchets par an et la gestion devient encore complexe avec l’incivisme environnemental », a-t-il déploré. Pour lui cette stratégie inclusive va permettre de réussir la gestion des déchets. « Cette stratégie nationale de gestion des déchets va favoriser un cadre de vie sain à la population du Burkina, particulièrement dans la ville de Ouagadougou », s’est réjoui Saïdou Nassouri. Une signature de convention
entre le ministère en charge de l’environnement et une structure associative et une implantation symbolique d’une poubelle ont mis fin à l’atelier de validation de la stratégie de gestion des déchets solides 2026-2028.
En prélude aux premières négociations formelles entre la Confédération des Etats du Sahel (AES) et la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDAO), des experts du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont tenu une rencontre préparatoire, mercredi 14 octobre 2026, à Ouagadougou.
Les Etats membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) veulent parler d’une même voix aux prochaines négo-
ciations formelles entre leur organisation et la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDAO) vont se tenir, dans les jours à venir, à Dakar au Sénégal.
Dans ce cadre, les membres de la Task-force de négociations AES-CEDEAO ont eu une rencontre préparatoire de la réunion des ministres des Affaires étrangères, mercredi 14 octobre 2026, à Ouagadougou. La cérémonie a été présidée par le chef de la délégation du Burkina Faso, Hermann Yirigouin Toé, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Il a expliqué qu’il s’agit pour les experts des trois pays de préparer une position rigoureuse, cohérente et pleinement conforme aux orientations du Collège des chefs d’Etat pour les négociations à venir.
« Nos travaux devront nous permettre d’harmoniser notre lecture des enjeux et notre compréhension des dispositions soumises à négociation, d’identifier les lignes rouges, les marges de flexibilité et les points qui nécessitent un arbitrage politique. Il s’agira de définir une stratégie, une méthode et une discipline commune de négociation », a-t-il souligné. Hermann Yirigouin Toé a ajouté qu’il s’agit de définir une stratégie, une méthode et une discipline commune de négociation.
Privilégier les intérêts des populations
Pour lui, les défis sécuritaires, les campagnes de désinformation et les tentatives de déstabilisation imposent vigilance, méthode et cohésion. « Ils ne doivent ni troubler notre discernement, ni nous détourner de notre objectif qui est d’obtenir un cadre de relations
respectueux et profitable à nos peuples », a-t-il précisé.
Le chef de la délégation du Mali, Mahamane Ahmadou Maïga, a expliqué que les premières négociations formelles entre l’AES et la CEDEAO qui vont s’ouvrir dans quelques jours sont importantes. Car, a-t-il soutenu, elles doivent jeter les bases politiques et le cadre juridique des relations avec la CEDEAO et définir des orientations stratégiques pour les négociations. Le chef de la délégation du Mali a précisé qu’il s’agit pour eux de déterminer un projet de programmes et la constitution de groupes thématiques devant acter la Task-force en fonction des thématiques en négociation avec la CEDEAO.
Le chef de la délégation du Niger, Ousmane Alhassane, pour sa part, a rappelé que les premières consultations ont eu lieu à Bamako le 22 mai 2025. Il a déclaré qu’il faudrait les capitaliser puisqu’elles avaient abouti à l’adoption d’un mémorandum d’entente qui fixe les lieux et le calendrier des négociations, l’architecture et les thématiques retenues pour ces négociations. Ousmane Alhassane a aussi rappelé que les échanges avaient également abouti à un communiqué conjoint dans lequel, les deux parties s’engagent à préserver les acquis de 50 ans d’intégration, privilégier les intérêts des populations ouest-africaines, notamment la libre circulation des personnes et des biens. Les négociations entre l’AES et la CEDEAO.