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Fête de Noël: Le Cardinal appelle à la solidarité envers ceux qui souffrent  

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Dans quelques heures, les fidèles chrétiens vont célébrer la fête de Noël. A l’orée de la célébration, le Cardinal Philippe Ouédraogo invite les fidèles à fêter dans la sobriété tout en s’exprimant sa solidarité aux personnes vulnérables.  Chers fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu à Ouagadougou. Dans la perspective des fêtes de Noël et du Nouvel An, je voudrais souhaiter à tous et à chacun d’heureuses et saintes fêtes et vous communiquer des consignes utiles. Tout d’abord, durant la période des fêtes à venir, nous sommes invités à tenir compte de la situation difficile que traverse notre pays, et à rester en communion avec la Nation toute entière actuellement éprouvée au double plan sécuritaire et sanitaire. Ensuite, nous sommes invités à rester vigilants, aussi bien au niveau sécuritaire que sanitaire. En effet, c’est la période où le grand banditisme sévit à travers les braquages : prenons donc les précautions nécessaires. Ensuite, la pandémie de la Covid/19 n’est pas encore derrière nous : alors restons mobilisés. En outre, concernant les horaires de nos célébrations liturgiques et autres rencontres spirituelles, des dispositions nécessaires doivent être prises pour qu’elles se terminent à temps afin que les uns et les autres puissent rentrer chez eux avant minuit. Ainsi donc, il est recommandé de commencer les célébrations au plus tard à 20 heures pour être sûrs de finir à temps.  Enfin, mettons l’accent sur la prière et l’attention avec tous ceux qui souffrent plutôt que les réjouissances populaires. Chaque communauté ou mouvement/association, chaque famille, chaque personne est invitée à faire preuve de sobriété, compassion et solidarité envers les frères et sœurs souffrants : les déplacés internes, les familles endeuillées, les personnes blessées, les prisonniers, les malades… En nature ou en espèces, individuellement ou communautairement, prenons quelque chose de nos réjouissances des fêtes pour manifester notre solidarité et notre amour ! Tout en appelant à rester vigilants et à observer les précautions d’usages recommandées, je vous invite à rester en union de prières avec et pour la Nation. Frères et sœurs bien-aimés, Instituée depuis le 4e siècle, la fête de Noël que nous célébrons chaque année nous renvoie au mystère de l’incarnation de Dieu. Jésus est vrai Dieu et vrai homme, « il est Dieu, né de Dieu, Lumière née de la Lumière vrai Dieu, né du vrai Dieu engendré non pas créé » selon la formule de notre Credo symbole de Nicée. Jésus est le Sauveur des hommes, le Messie attendu, le seul Seigneur. À la naissance du Sauveur à Bethléem, une troupe céleste innombrable, louait Dieu en chantant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »  (Luc 2, 14). Ce chant des anges nous interpelle à double titre : En premier lieu, la paix auquel aspire l’humanité tout entière est d’abord un don de Dieu. Alors, c’est une grâce à demander instamment par tous les croyants. Dans notre situation tragique d’insécurité due aux forces du mal, n’ayons de cesse de prier et d’invoquer le Prince de la paix. En second lieu, la paix est également le fruit des efforts des hommes. Demandons au Seigneur de faire de nous tous des artisans de paix dans nos familles, au lieu du travail, dans nos quartiers, dans notre pays. Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. (Mt 5, 9) Demandons pour notre nation la grâce des grâces « la conversion des cœurs et des habitudes » pour pouvoir aimer réellement la paix et aimer faire la paix, nous impliquer concrètement pour qu’advienne la paix. Ainsi, pourrions-nous, promouvoir une société plus saine, un monde plus digne, sans faim, sans pauvreté, sans violences et sans guerres. À tous et à toutes, fructueuses célébrations! Bonnes et Saintes Fêtes de Noël et du Nouvel An. Philippe Cardinal OUEDRAOGO Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

Dengue : « Les gens meurent surtout parce que la maladie a été reconnue trop tard », Dr Lassané Kafando, épidémiologiste

La dengue est une maladie virale transmise principalement par la piqûre de la femelle du moustique Aedes. Elle reste une préoccupation de santé publique au Burkina Faso. Comment se transmet-elle ? Comment évolue le virus dans l’organisme du moustique ? Quels sont les signes de la maladie et les moyens de prévention ? Le médecin épidémiologiste, chef de service surveillance épidémiologique du Burkina Faso, Dr Lassané Kafando, apporte dans cette interview des éléments de réponse à ces différentes questions. Sidwaya (S) : Qu’est-ce que la dengue et comment se transmet-elle ? Dr Lassané Kafando (LK) : La dengue est une maladie tropicale négligée réémergente due à un virus qui est transmis à l’Homme par la piqure du moustique femelle du genre Aedes aegypti dit moustique tigre. Ces moustiques piquent surtout le jour, mais aussi la nuit et prolifèrent dans les eaux stagnantes (bidons, pneus, pots de fleurs). S : Quels sont les principaux signes qui doivent faire penser à une dengue ? LK : Les principaux symptômes qui doivent faire penser à une dengue sont, entre autres, une fièvre souvent supérieure à 39°C, des maux de tête surtout derrière les yeux, des douleurs articulaires et musculaires, une fatigue importante, des nausées, des vomissements et des éruptions cutanées. Parfois, l’on constate des manifestations hémorragiques, telles que des pétéchies et des épistaxis qui peuvent survenir. Les pétéchies sont de petites taches rouge vif ou violacées, qui correspondent à la présence de lésions hémorragiques sous la peau. Les épistaxis sont des saignements du nez. S : Comment distinguer la dengue d’un simple paludisme, notamment au début de la maladie ? LK : Les signes orientent, mais ne permettent pas de trancher. Les deux maladies débutent par un syndrome fébrile aigu non spécifique et la co-infection est possible. Quand nous avons une fièvre qui survient brutalement associée à des céphalées rétro-orbitaires, des douleurs intenses ou éruption cutanée on peut penser à la dengue. Lorsque la fièvre est souvent ondulante ou intermittente avec des frissons intenses et des sueurs, on peut penser au paludisme. Mais il est toujours recommandé, en cas de fièvre, de se rendre dans le centre de santé proche. S : Quels sont les signes de gravité qui doivent pousser le malade à consulter rapidement ? LK : Nous ne devons pas attendre l’existence de signes de gravité pour aller consulter. Dès le premier signe qui est la fièvre de survenue brutale pouvant atteindre 39°C associé ou non à des maux de tête surtout derrière les yeux, il faudra aller consulter dans le centre de santé le plus proche. S : Existe-t-il différents types ou sérotypes du virus de la dengue ? Si oui, que faut-il comprendre par-là ? LK : Il existe quatre sérotypes du virus de la dengue (DENV), il s’agit de DENV-1, -2, -3 et -4. Nous devons comprendre ici qu’il existe quatre types de virus de la dengue, qui donnent les mêmes symptômes et sont transmis par les mêmes moustiques Aedes. Une personne peut être infectée par les quatre sérotypes de façon distincte. Il est possible qu’une personne soit infectée par deux sérotypes, au moins. S : Pourquoi certaines formes de dengue peuvent-elles être mortelles ? LK : La dengue devient mortelle surtout lorsqu’elle évolue vers une des complications c’est-à-dire la dengue sévère (hémorragique ou avec choc). Les gens meurent surtout, parce que la maladie a été reconnue trop tard. Si on va vite au centre de santé, on peut presque toujours les sauver. La surveillance des signes d’alerte et l’orientation rapide vers un centre de santé sont essentielles pour sauver des vies. S : Quelles sont les zones ou les périodes qui présentent le plus de risques ? LK : Lors de l’épidémie de 2023, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso concentraient plus de 80%. Plusieurs autres zones ont notifié des cas. Nous pouvons citer, entre autres, les villes de Koudougou, Banfora, Ouahigouya, Fada N’Gourma, Kaya, Ziniaré etc. La saison des pluies (août-octobre) est la période la plus propice pour la prolifération des moustiques Aedes, donc une augmentation de la transmission. Durant la période de septembre à novembre nous notons une hausse de cas de dengue et de mortalité liée à la consultation tardive. S : Une personne qui a déjà contracté la dengue peut-elle l’attraper à nouveau ? LK : Oui. Avoir eu la dengue protège contre le sérotype qui a causé l’infection, mais pas contre les trois autres. S : Qui sont les personnes les plus vulnérables face aux formes graves ? LK : Certaines personnes sont plus vulnérables. Il s’agit des nourrissons et des enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées, des personnes qui ont une maladie chronique (diabète, hypertension, drépanocytose, malade immunodéprimé) et celles qui ont déjà eu la dengue. S : Quels examens permettent de confirmer une dengue ? LK : Les Tests de diagnostics rapides (TDR) sont utilisés en première ligne pour la confirmation de la maladie au Burkina Faso. Des examens plus spécifiques sont réalisés par le laboratoire national de référence fièvre hémorra-gique (LNR-FHV) pour déterminer le sérotype. S : Quel est le traitement recommandé pour une personne atteinte de dengue ? LK : A ce jour, il n’existe pas de traitement qui soit spécifique contre le virus de la dengue. La prise en charge repose sur le traitement des symptômes, une bonne hydratation, le repos et la surveillance de l’évolution de la maladie. Dans les formes graves, une hospitalisation et une prise en charge médicale spécialisée peuvent être nécessaires. Aussi, la détection rapide de la maladie permet de traiter les symptômes et mieux réajuster les traitements pour ceux qui en prennent pour d’autres maladies. Dès les premiers signes, il est recommandé de se rendre dans une formation sanitaire et éviter l’automédication. S : Quels médicaments faut-il éviter en cas de suspicion de dengue ? LK : Il y a certains médicaments notamment les anti-inflammatoires qui ne sont pas compatibles avec cette maladie, car, ça augmente les risques de complications par des saignements (complications souvent très mortelles). Pour cela, il faut se rendre dans une formation sanitaire dès les premiers signes. S : Pourquoi l’automédication peut-elle être particulièrement dangereuse dans ce cas ? LK : L’automédication dans le traitement de la dengue est fortement déconseillée en raison des contre-indications liées à certains médicaments évoquées précédemment. La prise en charge par un professionnel de santé permet également d’assurer une surveillance adéquate des symptômes, de détecter précocement les signes de complication et d’instaurer rapidement les soins appropriés, y compris le recours à d’autres spécialités lorsque cela est nécessaire.Il est recommandé de consulter les services d’un professionnel de santé afin de bénéficier d’un examen clinique et si nécessaire de réaliser les tests appropriés avant toute prise de médicaments. S : Combien de temps dure généralement la maladie ? LK : La durée de la maladie ou de la convalescence dépend de l’organisme de tout un chacun. La dengue est souvent brève mais intense. Le danger survient surtout au moment de la phase critique qui peut se situer entre le 3e et 7e journée de convalescence, c’est pourquoi les signes de gravité doivent être surveillés de près. S : A partir de quel moment le malade n’est plus considéré comme présentant un risque important ? LK : Il n’y a pas de période fixe : le risque diminue nettement quand la phase critique est terminée. On considère le patient hors de danger, lorsqu’il a passé 48 à 72 heures sans fièvre (sans antipyrétique), avec une amélioration clinique des signes et des paramètres stables, C’est-à-dire quand la fièvre est tombée depuis 2 ou 3 jours, que vous mangez de nouveau, que vous vous sentez mieux et qu’aucun signe d’alerte n’est apparu, le plus grand danger est passé. Il faudra raisonner à partir de la fièvre et de l’état du patient, pas à partir du calendrier. S : Peut-on guérir complètement de la dengue ? LK : Oui, dans la majorité des cas, la dengue est une infection virale aiguë, le virus est éliminé par l’organisme et il n’existe pas de portage chronique. S : Quelles complications peuvent survenir dans les formes sévères ? LK : La dengue sévère regroupe plusieurs types de complications. Il s’agit notamment de la fuite plasmatique avec choc ou détresse respiratoire, les hémorragies graves, la déshydratation sévère et les atteintes d’organes sévères. Elles peuvent s’associer entre elles. S : Existe-t-il aujourd’hui un vaccin contre la dengue et quelle est sa place dans la prévention ? LK : Au Burkina Faso le vaccin contre la dengue n’est pas introduit dans le programme de vaccination. S : Comment la population peut-elle contribuer à la lutte contre la maladie ? LK : Afin d’éviter de contracter la dengue, nous invitons la population à adopter deux types de précautions ou préventions. Les mesures de prévention contre la dengue sont les mêmes que celles du paludisme. Il s’agit de la prévention individuelle et la prévention collective. La prévention individuelle, c’est l’application de mesures sur soi-même afin de réduire le risque de contracter la maladie. Il s’agit de se protéger des piqûres de moustiques par l’utilisation : de vêtements qui couvrent autant que possible le corps, de moustiquaires idéalement imprégnées d’insecticides à longue durée d’action, si vous dormez même pendant la journée, d’écrans anti-insectes sur les fenêtres et l’équipement des portes et fenêtres en grilles antimoustiques, de répulsifs contre les moustiques, de serpentins fumigènes et de vaporisateurs. La prévention collective, elle est l’application de mesures visant à limiter la population de moustiques à travers l’assainissement de l’environnement. Sous l’impulsion du président du Faso, des activités d’assainissement ont été lancées par le gouvernement et c’est l’occasion d’appeler une fois de plus le vaillant peuple à y adhérer pour se protéger et poursuivre sainement le combat, à travers la couverture des récipients de stockage de l’eau, la pulvérisation spatiale (utilisée surtout en période de flambée), la pulvérisation intra domiciliaire (PID). Il convient de faire un petit rappel. Tout cas suspect, probable ou confirmé de dengue doit obligatoirement dormir sous une moustiquaire, afin de rompre la chaine de transmission. S : Quelles insuffisances ou mauvaises pratiques observez-vous encore fréquemment dans les ménages ? LK : Ce qu’il faut éviter, c’est la conservation d’eau dans des bidons, bassines ou jarres sans couvercle, l’abandon de pneus, des boîtes de conserve ou de vieux récipients qui accumulent l’eau de pluie, l’automédication ainsi que le retard de consultation, la non-utilisation de répulsifs ou de vêtements couvrants en journée… S : Quel message essentiel adressez-vous à la population pendant les périodes de forte circulation de la maladie ? LK : Il faut surtout éliminer les gîtes larvaires, se protéger contre les moustiques la journée comme la nuit, consulter rapidement en cas de fièvre brutale, éviter l’automédication et participer aux actions communautaires.

 Samira Alida KAMBOU

Diaspora AES résidant au Sénégal : forte mobilisation pour réaffirmer le soutien aux autorités

La délégation de la Confédération des Etats du Sahel présente dans la capitale sénégalaise dans le cadre des premières négociations formelles avec la CEDEAO, a rencontré les communautés burkinabè, malienne et nigérienne installées au pays de la Teranga, dans la soirée du dimanche 18 octobre 2026. Ce cadre d’échanges directs a permis aux ministres de la Confédération AES, de présenter à leurs compa-triotes fortement mobi-lisés, le sens de leur parti-cipation à la réunion avec la CEDEAO, et leur apporter les nouvelles de leurs pays respectifs et de l’espace confédéral de façon plus globale. Et puisque ce cadre se veut surtout un moment pour les ministres chargés de la Diaspora d’écouter celle-ci, la parole a été donnée aux communautés des trois pays. Dans leurs interventions, les membres de la diaspora burkinabè malienne et nigérienne ont exprimé leurs félicitations aux présidents des Etats de la Confédération AES, pour les victoires engrangées au quotidien sur le terrorisme et pour les avancées sur les plans du développement et de la diplomatie. Ils ont encouragé les dirigeants des trois pays dont ils saluent le leadership et la clairvoyance, à maintenir le cap, dans une démarche de solidarité et en mettant toujours les peuples de l’espace confédéral au cœur de leurs initiatives. En ce qui concerne les doléances et les préoccupations, les communautés de la Confédération AES résidant au Sénégal ont sollicité des démarches de la part de leurs dirigeants, pour une reconnaissance de leurs documents d’identité par les services admi-nistratifs et sécuritaires du pays d’accueil. Ils ont également souligné la nécessité de trouver une solution urgente et définitive, aux tracasseries et aux raquettes constatées lors des déplacements routiers dans les trois pays de la Confédération AES, tout en encourageant le dévelop-pement du transport aérien dans cet espace. La préservation des biens et privilèges (notamment dans le foncier et l’enseignement) des ressortissants de l’AES après la sortie de la CEDEAO, et la prise en compte de l’expertise de la diaspora dans les politiques publiques, ont également été soulignées par les intervenants. Autre point d’intérêt, les membres de la diaspora AES souhaitent une harmonisation des politiques et réformes des trois pays dans des secteurs clés tels que l’éducation et l’enseignement supérieur, tout en encourageant les autorités de l’AES à accorder une place de choix à la formation professionnelle et aux initiatives d’autonomisation des femmes.
Les ministres des Affaires étrangères de l’AES ont échangé avec leurs compatriotes vivant au Sénégal à l’issue des premières négociations
formelles avec la CEDEAO.
En réaction, le camarade ministre Karamoko Jean Marie Traoré qui a présidé la rencontre et ses homologues, ont remercié leurs compatriotes pour les encouragements et pour la sincérité dans l’expression de leurs préoccupations. Ils les ont rassurés que les préoccupations en lien avec la reconnaissance des documents d’identité et les difficultés d’accès à certains services dans le pays d’accueil, sont déjà prises en compte dans le processus de négociations entamé avec la CEDEAO. Par ailleurs, la question des tracasseries routières est, selon le ministre Traoré, déjà bien connue des autorités de l’espace confédéral, qui y travaillent dans le cadre de la promotion d’une gouvernance vertueuse dans les trois pays. Il a cependant invité les usagers à jouer leur part de responsabilité, en dénonçant ou en refusant d’être acteurs de ce phénomène car, dit-il, « sans la participation des populations ce cycle de raquettes ne saurait pas perdurer ». Les ministres ont félicité les ambassadeurs et les responsables des communautés burkinabè malienne et nigérienne, pour le travail qu’ils abattent en termes de mobilisation de la diaspora AES au Sénégal. Ils ont invité les membres de la diaspora à s’impliquer davantage dans la construction de leur pays, sans forcément attendre que des cadres soient créés pour cela. Un appel a été lancé aux ressortissants maliens, burkinabè et nigériens vivant au Sénégal, à l’unité et au respect des lois et règlements du pays d’accueil, pour ainsi véhiculer une image digne et intègre de la Confédération AES.

DCRP/MAE

Lutte contre le paludisme : le ministère de la Santé s’assure du bon déroulement de la campagne de chimio-prévention

Le secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Joël Arthur Kiendrébéogo, a effectué, le vendredi 16 octobre 2026, une visite de supervision du quatrième et dernier passage de la Campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier plus (CPS+) à Laye, dans la province du Kourwéogo. A cette occasion, le major du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS), Issouf Sawadogo, a fait état d’une baisse des cas de paludisme. Le ministère de la Santé veut s’assurer du bon déroulement du 4e et dernier passage de la campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier qui a été faite du 15 au 18 octobre 2026. C’est pourquoi le secrétaire général, Dr Joël Arthur Kiendrébéogo était au CSPS de Laye, le vendredi 16 octobre 2026. Accompagné du haut-commissaire ainsi que des autorités administratives, sanitaires et coutumières, il s’est entretenu avec les acteurs de santé sur la mise en œuvre de cette quatrième campagne de CPS+ et les indicateurs de performance de la structure sanitaire. Cette campagne, a-t-il rappelé, cible environ 5,5 millions d’enfants à l’échelle nationale. Elle vise, selon lui, à renforcer leur protection contre le paludisme à travers l’administration de médicaments préventifs, mais aussi d’autres interventions sanitaires. Au cours des échanges, Dr Joël Arthur Kiendrébéogo a rappelé que la CPS+ ne se limite pas à la prise de médicaments. Elle comprend également le dépistage de la malnutrition, la prise en charge des enfants présentant de la fièvre et la sensibilisation des familles à l’élimination des gîtes larvaires, a-t-il précisé. Il a invité les parents à adhérer pleinement aux interventions et à maintenir leur vigilance au-delà de la saison des pluies. « La lutte contre le paludisme, c’est une lutte de tous les jours », a-t-il insisté, réaffirmant l’engagement du ministère à poursuivre les efforts pour l’élimination de la maladie à l’horizon 2030.

Une baisse de 85 % des cas en deux ans

Présentant la situation épidémiologique de la localité, le major du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Laye, Issouf Sawadogo, a indiqué que les cas de palu-disme enregistrés à la semaine épidémiologique 41 sont passés de 96 en 2024 à 25 en 2025, puis à 14 en 2026. Entre 2024 et 2026, cette évolution représente une diminution d’environ 85 % des cas rapportés par la structure sanitaire sur la période considérée. Ces chiffres constituent, pour lui, un signal encourageant dans un contexte de renforcement des interventions de prévention et de prise en charge du paludisme. La CPS+ contribue à cette dynamique en associant la chimio-prévention à d’autres actions visant à protéger les enfants et à améliorer leur état de santé. Toutefois, a-t-il interpelé, la vigilance demeure essentielle. La prévention, le recours rapide aux soins en cas de fièvre et la participation des familles aux campagnes restent indispensables pour consolider les acquis et protéger durablement les enfants, a-t-il estimé.

Julien ZOUNGRANA

Cette démocratie-là !

Lorsque le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré ne cesse de clamer que nous n’avons que faire de la démocratie parlementaire bourgeoise et s’attire de ce fait le courroux des exégètes de cette « dévolution exemplaire » du pouvoir, la situation politique sociale et sécuritaire dans laquelle se trouve actuellement la France, vient corroborer ses propos, sur ce qu’il est convenu d’appeler plutôt un leurre, non seulement dans son acceptation première mais surtout dans son mode de gestion qui exclut une grande partie du peuple, principalement les couches défavorisées. Faut-il le rappeler, ce système de gouvernance a été inventé dans la Grèce et la Rome antique par l’aristocratie militaire et civile ainsi que les praticiens pour prétendument défendre les intérêts de la plèbe, alors qu’il servait plutôt à maintenir leurs privilèges et à les enrichir par le biais des fiefs et des domaines qu’ils se taillaient dans ces agoras démagogiques. Plus tard, l’instauration de la royauté dans l’Europe du « deep âge », a accentué cette tyrannie et cette exploitation par le biais du servage qui a duré jusqu’au siècle dit des lumières, lumière qui soit dit en passant est venue d’Afrique avec les Maures (des noirs en fait) qui avaient apporté la science en Espagne et au Portugal, faisant de ces deux pays les premières puissances occidentales de l’époque. Un leurre démocratique que les révolutionnaires européens puis leurs successeurs républicains ont perfectionné d’abord à travers le suffrage censitaire (seuls les riches avaient le droit de vote) puis universel (?) toujours dans le but de défendre leurs « droits acquis. » Les banquiers avaient entre-temps remplacé les féodaux et les aristocrates dans le rôle de garants de ce système prédateur. Et comme l’appétit vient en mangeant, l’ultralibéra-lisme a fini par prendre le pas sur ces démocraties chrétiennes qui prétendaient prôner un libéra-lisme-progressiste (sic). Deux notions antagonistes qui ne pouvaient qu’aboutir au chaos actuel un peu partout en Occident étant donné que partout où il y a oppression, il y a résistance et lutte. Implémentée chez nous, cette démocratie parlementaire s’est muée en ploutocratie ou en kleptocratie avec les masses populaires au centre de cette duperie où les voix s’échangeaient contre du riz gras, des billets bleus et divers gadgets. Un trompe-œil… que le peuple burkinabè a censuré à maintes reprises à travers des insurrections et des grèves générales très suivies. Héritier de cette longue tradition de lutte et bien au fait de l’ADN burkinabè, le président du Faso peut donc dire à bon droit que ce système est inadapté sous nos cieux. Ce que le peuple veut, c’est du pain, de l’eau, de la santé et de l’éducation. Et à tous les moments de son histoire il a reconnu les siens. Le reste relève des élucubrations et des thèses libres des pseudos démocrates. Et, Macron qui a plongé son pays dans un marasme économique et social sans nom sera bientôt payé pour le savoir.

Boubakar SY

Dr Hyacinthe Ouédraogo : « Ces manifestations prouvent que la France a échoué dans sa gouvernance sociale et économique »

Dans cet entretien, l’analyste politique, Dr Hyacinthe Ouédraogo, par ailleurs enseignant-chercheur, donne des précisions sur les violences qui secouent la France, à travers des vagues de manifestations dans des villes françaises. Sidwaya (S) : Quelle analyse faites-vous de la situation qui prévaut actuellement en France ? Hyacinthe Ouédraogo (H. O) : C’est une situation très critique. C’est la manifestation d’une crise latente depuis longtemps qui finit donc par éclater au grand jour. Tous les analystes savaient que tôt ou tard, ce genre de crise allait éclater en France. La crise est liée à beaucoup d’in-conséquences de la politique française, que ce soit à l’interne comme au niveau diplomatique international. Il faut reconnaître que c’est l’une des grandes crises de l’histoire con-temporaine de la France. Depuis les années 70 jusqu’à nos jours, nous voyons souvent des crises, dont les vecteurs sont les syndicats, les partis politiques ou les gilets jaunes, c’est-à-dire l’ensemble des jeunes, des travailleurs. Mais que des enfants, des élèves, une jeunesse, des adolescents se soulèvent contre des institutions, la gouvernance, tout le gouvernement et fassent autant de casse, c’est une première. Et cela montre que la crise est vraiment profonde. S : Et comment est-ce que la France est arrivée à cette violence ? H.O : Premièrement, c’est une suite logique de l’inconséquence des politiques internes même de la France. Deuxièmement, c’est le résultat de l’ inconséquence de la diplomatie ou des relations de la France avec les autres pays dans le monde. Si la jeunesse se comporte comme ça aujourd’hui, c’est d’abord le résultat d’une mauvaise éducation. Parce qu’un enfant, c’est comme un ordinateur vide. Donc, si aujourd’hui, les jeunes ne sont pas, à mon sens contrôlables, c’est parce qu’eux-mêmes, ils n’ont pas reçu une éducation en phase avec leurs attentes. Le système éducatif français étant lui-même en panne. Je pense la France est aujourd’hui déconnectée des réalités sociales, des réalités humaines. La France veut actuellement promouvoir une politique qui repose, à tout le moins, sur une vision mondialiste, qui ne prend pas en compte les préoccupations des masses, mais entend défendre des valeurs universelles. Or, un pays se gouverne et une jeunesse se dirige en se focalisant sur les besoins internes du peuple. Voilà pourquoi, de plus en plus, la gauche et l’extrême droite prennent de l’ampleur. C’est comme si la gouvernance de Emmanuel Macron visait les intérêts de l’Europe et ceux de la mondialisation, plutôt que ceux des Français. L’éducation est donc un échec. Sur le plan extérieur, c’est parce que la France, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, n’a pas réinventé son modèle économique et social. En effet, depuis longtemps, l’Etat français, comme la plupart des Etats européens, a toujours vécu de l’exploitation d’autres pays du monde. L’Europe a exploité l’Amérique et l’Asie. Quant à l’Afrique, il n’y a même pas lieu d’en parler. Cependant, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux pays ont réinventé leur modèle économique, à l’exemple du Portugal, de l’Allemagne, de l’Espagne et même de la Grande-Bretagne. Ces pays ne vivent plus de l’exploitation d’autres pays dans le monde. Ils ont noué de nouveaux partenariats avec leurs anciennes colonies et d’autres pays, en établissant ce que l’on appelle des relations gagnant-gagnant. Mais la France veut toujours maintenir l’exploitation de l’Afrique. Au lieu d’établir des relations gagnant-gagnant, elle privilégie des rapports d’exploitation et d’écrasement. Aujourd’hui, l’Afrique se réveille et commence de plus en plus à avoir un œil sur ces questions. Cela provoque des crises à tous les niveaux, notamment sur les plans économique et social. Tous ces aspects sont amplifiés par la crise politique. S : Pensez-vous que ces manifestations peuvent avoir un impact sur la présidentielle de 2027 ? H.O : Oui, c’est sûr que, les élections étant prévues au premier semestre de 2027, on assistera forcément à une poussée de la gauche ou de l’extrême droite. Je serais étonné que, lors des prochaines élections, les Républicains dirigés par Macron ou ceux qui prônent les valeurs républicaines parviennent à se maintenir au pouvoir. Je mise plutôt sur la gauche ou l’extrême droite, avec le Front national. Cependant, je ne pense pas que cette situation puisse, dans l’immédiat, pousser Macron à démissionner. Si Macron était un président démocrate, comme il le prétend et était véritablement au service du peuple, il aurait dû démissionner dès 2024 ou 2025, lorsque plusieurs gouvernements qu’il avait mis en place sont tombés successivement. Mais il a toujours refusé de le faire. Si Macron était un président démocrate et consciencieux, soucieux du bien-être du peuple français, il aurait dû démissionner à la suite des crises survenues ces dernières semaines. Mais il ne l’a pas fait. Il bénéficie du soutien de son parti. Ce n’est donc pas l’échec d’un individu, mais celui de tout un système, de tout un parti. Nous pourrions ainsi assister, dans les semaines à venir, à une aggravation de la situation et continuer à avancer tant bien que mal jusqu’aux élections. S : Cette révolte traduit-elle un rejet du système politique français et de la classe politique ? H. O : Oui, c’est un rejet parce qu’au niveau de la gouvernance sociale, économique, les dirigeants actuels, la classe politique française même ont échoué. Ils n’ont pas su réinventer leur système économique. Aussi, ce qu’ils proposent au peuple français n’a pas d’avenir. Quand on regarde dans le tableau, la France va continuer à s’endetter. Et les problèmes de chômage vont continuer à s’accentuer. La question des retraités va continuer à s’accentuer et la crise de l’éducation aussi va perdurer. Donc, en fait, il n’y a pas de bonnes perspectives dans le viseur. Ce qui montre que les Français ont compris et rejettent la politique même française à l’interne, au niveau économique, au niveau social. Et il faut changer de paradigme. Il faut une nouvelle classe politique qui va instaurer un nouveau contrat social ou un nouveau projet social pour la société française. Ce projet doit être réaliste et ne doit pas compter encore sur l’exploitation des pays africains ou du tiers monde, mais consister à construire une économie auto-centrée qui s’appuie soit sur l’industrialisation ou les atouts de la France. Je donne un seul exemple au niveau de l’éducation. Aujourd’hui, quand vous prenez en France, qu’est-ce qu’on enseigne aux enfants ? Ce sont des contre-valeurs. On va enseigner l’homosexualité, un droit qui déracine même l’enfant de son environnement social. On va jusqu’à dire qu’on ne naît pas avec son sexe. On naît et après, on choisit l’orientation sexuelle. Et aujourd’hui, la jeunesse est désorientée. Et récemment, ils ont adopté ce qu’on appelle l’euthanasie. Donc, il faudra que la France revienne aux valeurs humaines. Sinon la société française ira de délitement en délitement et de crise en crise. S : Pensez-vous qu’une partie du problème est liée à la perte des ressources naturelles que la France se procurait auprès de ses anciennes colonies ? H. O : Oui, évidemment. La France a un système économique basé sur l’exploitation et le pillage des anciennes colonies. Aujourd’hui, il est vrai que plusieurs pays sont toujours rattachés à la France, mais, si l’on considère uniquement les pays de l’AES, c’est une grande manne financière qui ne tombe plus dans l’escarcelle française. La question des transactions se pose également. Celles de l’AES ne passent plus nécessairement par le franc CFA. Puisqu’on a voulu nous verrouiller sur le plan des transactions, nous avons développé un système fondé sur la vente directe de notre or à nos partenaires. D’autres pays, comme le Mali et le Niger, ont également emboîté le pas. N’oubliez pas que l’uranium du Niger n’est plus accessible. Toutes les ressources minières et autres ressources du Burkina Faso ne sont plus accessibles non plus. Il faut également prendre en compte la dénonciation de la convention de non-double imposition des entreprises françaises au Burkina Faso. Tout cela a des répercussions sur le budget français. Aujourd’hui, voilà pourquoi nous estimons que cette situation explique le déficit et l’endettement croissant de la France. Pour un pays comme la France, si la croissance n’atteint pas deux chiffres, c’est que la crise ne fait que s’aggraver. Je crois donc que le réveil africain et le rejet, par les Africains, de la politique française en Afrique constituent l’une des causes de cette crise. Les Français disent qu’il s’agit d’un sentiment anti-français. Or, ce n’est pas un sentiment anti-français, mais un refus légitime. Vous savez que, depuis l’histoire et pas seulement depuis la conquête coloniale, mais aussi depuis l’esclavage, la traite négrière et la déportation, la France vit du pillage et de l’exploitation de l’Afrique et d’autres continents. Aujourd’hui, les portes sont en train de se fermer. De nombreux pays, même s’ils entretiennent toujours des relations avec la France, ont commencé à tirer les leçons de cette situation et à se repositionner. Forcément, cela a des répercussions sur le budget français et constitue l’une des causes de cette crise. Cela signifie que cette situation résulte également d’une crise éco-nomique. Pourquoi les élèves se plaingnent-ils ? Ils se plaignent parce qu’ils ne bénéficient plus d’un encadrement suffisant ni de l’accompagnement nécessaire dans le domaine de l’éducation. Tout d’abord, il y a eu de nombreux départs d’enseignants. Pourquoi ces enseignants sont-ils partis ? Parce qu’il y a des attentes et des promesses qui n’ont pas été satisfaites. Les infrastructures, les équipements et les commodités nécessaires ne suivent pas. Même chez nous, vous constatez que nous progressons. Nous sommes un peuple résilient et nous savons nous adapter. En France, en revanche, les établissements devraient disposer de tous les équipements nécessaires : tableaux numériques, salles de classe et commodités adaptées à l’éducation. Chez nous, aujourd’hui, on peut avoir sans difficulté 60, 70, voire 80 élèves dans une classe. En France, les effectifs étaient de 25 élèves par classe. Dès lors que l’Etat décide de passer à 30 ou 35 élèves par classe, cela pose problème. Pour eux, 35 élèves constituent déjà un effectif pléthorique. Cela montre que la France n’a plus les moyens d’injecter suffisamment de fonds dans l’éducation. Cette situation résulte donc d’une crise économique qui affecte le système éducatif en raison d’un financement insuffisant et discontinu. S : Après les manifestations, quelle sera, selon vous, la place de la France dans le concert des nations ? H. O : Je pense que cette crise peut ne pas avoir des résultats immédiats. Tout va dépendre de la suite. Mais ce qui est sûr, cette crise n’est que l’une des manifestations du malaise profond, du marasme économique que vit la France. Si la France ne se réinvente pas, ne trouve pas un nouveau modèle économique qui soit en phase avec les réalités du 21e siècle, la France qu’on appelle grande puissance, qui d’ailleurs ne l’est pas, c’est juste un géant aux pieds d’argile, n’aura plus sa place dans le G7 dans les années à venir. Ensuite, dans le G20, la France sera déclassée. Peut-être, il faudra parler de G100, parce que tout le monde sait que la France n’a pas de ressources. Un pays comme le Japon n’a pas de ressources, mais il a su, de par l’industrialisation, la vente des technologies, le génie des Japonais, avoir un système économique puissant. Le Japon est aujourd’hui la quatrième, voire la troisième puissance économique après les Etats-Unis, la Chine. C’est ce que la France aussi doit faire. Sinon, ça sera donc la chute, la descente aux enfers. S : Et en fonction de toutes ces conditions que vous venez de décrire, que pensez-vous de l’après-Macron pour la France ? H.O : Je pense que Macron ira au terme de son mandat. Mais ce n’est pas exclu aussi que la pression de part et d’autre l’emmène à partir pour conserver le peu de dignité qui puisse lui rester. Mais tout compte fait, il est fort probable que Macron reste au pouvoir jusqu’en avril, mai 2027. Pour l’après-Macron, je vois une autre formation politique émerger et tenter des réformes profondes à tous les niveaux. Parce que ce pouvoir, d’ailleurs, ne sera élu que sur la base de grandes promesses électorales. Il faudra que la France devienne une nation réaliste. La France a des cerveaux, des compétences qu’elle doit valoriser. Mais il faudra aussi que cette politique réaliste conduise la France à revoir son niveau de vie. Parce qu’aujourd’hui, sincèrement, ce pays vit au-dessus de ses moyens. Le luxe que les Français se permettent découle du sang et de la sueur des Africains. Elle n’aura pas d’autres options que de revoir son niveau de vie pour progressivement réinventer un modèle économique qui puisse la mettre en partenariat avec les Africains. Nous, à l’AES, ne sommes pas contre la France. Nous pouvons collaborer si nous avons nos intérêts et la France les siens. Mais vouloir collaborer pendant qu’elle gagne 90%, nous avons 10%, nous disons non. Et la France peut encore se redéployer en Afrique et ailleurs dans le monde, dans des partenariats qui soient gagnant-gagnant pour se reconstruire. Voilà Réinventer, refonder l’Etat français au niveau de l’éduca-tion, de l’économie et même de la vision politique.

Wanlé Gérard COULIBALY Galedie Kétoura SIMPORE Wendaabo Cathérine KOURAOGO

Entreprises à caractère stratégique: la privatisation désormais interdite par la loi

En plénière ce lundi 19 octobre 2026, à l’Assemblée législative du peuple (ALP), les députés ont voté à l’unanimité la loi portant définition et détermination des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique. Malgré l’existence de la loi n° 53 du 20 décembre 1993, portant définition et détermination des sociétés et entreprises à caractère stratégique, qui visait à préserver les entreprises dont la privatisation pourrait menacer l’équilibre social, de nombreuses sociétés publiques ont été privatisées au cours des années 1993 et 1994. Aujourd’hui, dans le cadre de la vision souverainiste de la Révolution populaire progressiste (RPP), les autorités entendent mettre un terme à cette situation. C’est dans cette perspective que l’Assemblée législative du peuple (ALP) a procédé à la relecture de ladite loi qui a été adoptée à l’unanimité par les députés en séance plénière, le lundi 19 octobre 2026. Selon le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Gnaniodem Serge Poda, il est désormais interdit de privatiser les entreprises à caractère stratégique. « Cette loi vise à protéger toutes les entités considérées comme stratégiques, qu’elles soient publiques ou privées. Désormais, toute privatisation, totale ou partielle de ces structures est interdite. Pour être qualifiée de stratégique, une entité doit présenter un lien avec la souveraineté nationale, contribuer à la sûreté nationale face aux menaces intérieures et extérieures et avoir une incidence sur l’équilibre social et économique du pays », a-t-il expliqué.
…ont voté la loi portant définition et détermination des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique.
A travers cette loi, l’Etat a désormais toutes les prérogatives d’encadrer, de contrôler, de suivre les entités non seulement publiques à caractère stratégique, mais a aussi la possibilité de prendre des parts ou de renforcer sa participation dans des entités privées qui seront jugées stratégiques dans le pays, a poursuivi le ministre. « Il s’est agi d’un texte qui vient sonner le renouveau de la création et de la protection d’outils importants stratégiques de transformation, de production commerciale, industrielle, économique en visant donc la souveraineté du pays », a ajouté Serge Poda. Les innovations de cette loi sont entre autres, l’affirmation du droit pour l‘Etat d’entrer dans le capital de toute entreprise à caractère stratégique, l’encadrement du pouvoir de décision des entités à travers l’interdiction de certaines opérations sans autorisation préalable du Conseil des ministres et la prise en compte d’une clause d’insaisissabilité des biens et des comptes des entités. Le ministre a enfin salué le travail accompli par les députés tout au long du processus d’élaboration et d’adoption de cette loi. Selon lui, son adoption permettra à l’Etat de poursuivre la mise en œuvre de la stratégie et la dynamique engagée depuis l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir.

Fleur BIRBA

IXe édition du Forum national de l’intégration: pour une Afrique unie, souveraine et solidaire

Le ministre délégué auprès du ministère des Affaires étrangères, Stella Eldine Kabré, a présidé, le lundi 19 octobre 2026 à Gaoua, dans la région du Djôrô, la cérémonie d’ouverture de la IXe édition du Forum national de l’intégration. A cette occasion, elle a appelé à une intégration africaine fondée sur la souveraineté des Etats et les aspirations des peuples. La IXe édition du Forum national de l’intégration se tient du 19 au 22 octobre 2026 à Gaoua, dans la région du Djôrô, sur le thème : « L’intégration africaine à l’ère de la Révolution progressiste populaire ». Les travaux portent notamment sur le bilan des activités menées en faveur des communautés étrangères vivant au Burkina Faso. Il s’agit de dresser l’état des lieux, de relever les insuffisances et de dégager de nouvelles perspectives pour renforcer la cohésion sociale. S’exprimant au nom du ministre des Affaires étrangères, Stella Eldine Kabré, a rappelé que l’intégration ne saurait se limiter aux accords et aux rencontres institutionnelles. Elle doit, selon elle, répondre aux aspirations des peuples et contribuer à leur bien-être. Le ministre délégué a évoqué les sanctions imposées aux populations du Sahel, estimant que cette expérience avait révélé les contradictions possibles entre les mécanismes institutionnels et les intérêts des citoyens. Dans cette perspective, Stella Eldine Kabré a présenté la Confédération des Etats du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, comme un cadre de renforcement de la coopération entre les trois pays. « L’AES ne doit pas être une intégration de façade ni un simple cadre de rencontres », a-t-elle soutenu. Pour elle, cette dynamique doit se traduire par des avancées concrètes dans les domaines de la sécurité collective, de la coopération économique et culturelle, de la mobilité des jeunes et des travailleurs, ainsi que de la solidarité entre les territoires. Stella Eldine Kabré a également établi un lien entre la Révolution démocratique et populaire (RDP) portée par le capitaine Thomas Sankara et la Révolution progressiste populaire (RPP) conduite par le Président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré. Elle a notamment mis en avant la volonté des peuples africains de décider par eux-mêmes, de défendre leur dignité et de faire de l’unité africaine une force de développement. Avant de souligner que l’indépendance politique ne pouvait être pleinement accomplie sans l’indépendance économique, la maîtrise des ressources, la confiance dans les capacités propres des peuples et la solidarité entre les pays africains.

L’hospitalité du Burkina Faso saluée

Pour la ministre déléguée, Stella Eldine Kabré, l’intégration africaine doit se construire avec les peuples et pour eux.

Par ailleurs, le ministre délégué a indiqué que les communautés africaines établies au Burkina Faso devaient prendre toute leur place dans l’effort national, dans le respect des lois, des valeurs et de la souveraineté du pays. Elle a rappelé que l’intégration africaine ne se construit pas uniquement dans les chancelleries diplomatiques ou lors des réunions institutionnelles, mais aussi dans les marchés, les établissements d’enseignement, les entreprises, les familles et les espaces culturels et sportifs. Prenant la parole au nom des communautés africaines vivant au Burkina Faso, Saliou Dokpema a, lui aussi, insisté sur la nécessité de faire de l’unité africaine une réalité. Selon lui, cette unité ne doit pas rester un simple slogan, mais constituer un projet de dignité et de souveraineté que les générations actuelles ont le devoir de concrétiser.

Par ailleurs, il a salué la place accordée aux communautés africaines dans le processus d’intégration au Burkina Faso, qu’il a présenté comme une terre d’accueil, d’hospitalité et de fraternité. Parmi les initiatives qu’il a mises en avant, le représentant des communautés africaines a cité la gratuité des visas pour les ressortissants africains, effective depuis 2025. Pour Saliou Dokpema, cette mesure de décision est « courageuse et visionnaire ». Elle facilite, à ses dires, la circulation des personnes et encourage les échanges commerciaux, culturels et universitaires. Selon lui, cette initiative donne un contenu concret à l’ambition d’une Afrique où les frontières ne constituent pas des obstacles artificiels au rapprochement des peuples. Saliou Dokpema a également affirmé que l’expérience du Burkina Faso en matière d’accueil et d’intégration des communautés africaines devrait inspirer les autres pays du continent.

Composées, entre autres, de commerçants, d’étudiants, d’enseignants, d’artisans, d’entrepreneurs, d’agriculteurs, d’agents de santé, de chercheurs et d’ouvriers, les communautés africaines vivant au Burkina Faso entendent contribuer au développement du pays, foi de M. Dokpema. Il a également assuré que ces communautés entendent soutenir les initiatives en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la solidarité entre les peuples. En rappel, durant ces quatre jours, plusieurs activités sont prévues à savoir des panels, des dialogues, une table ronde, un festival de l’intégration et des activités sportives, dont le tir à l’arc et l’aérobic, pour renforcer la cohésion sociale. Des séances de dépistage des cancers du col de l’utérus et du sein sont également prévues. Les participants effectueront aussi une visite touristique du site de Loropéni.

 

Boudayinga J-M THIENON

VIIIe édition de rencontre annuelle du BIC-UEMOA : des structures financières récompensées

Le Bureau d’information sur le crédit de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (BIC-UEMOA) a tenu la VIIIe édition de sa rencontre annuelle, les 15 et 16 octobre 2026, à Ouagadougou. Le Bureau d’information sur le crédit de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (BIC-UEMOA) veut faire de la qualité des données, un socle incontournable. C’est pourquoi, il a tenu la VIIIe édition de sa rencontre annuelle, les 15 et 16 octobre 2026 à Ouagadougou autour du thème, « Une donnée fiable pour un crédit fiable, faire de la qualité des données le socle incontournable du dispositif BIC-UEMOA ». Les deux jours de rencontre se sont achevés par un dîner de gala Awards. Ce fut l’occasion de récompenser des structures financières. Dans la catégorie Banque, la BOA Burkina Faso s’est illustrée pour la mise à jour des contrats et le respect des délais, tandis que Vital Finance a été distinguée dans la microfinance. Le groupe ivoirien Compagnie ivoirienne d’électricité et la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (CIE/SODECI) a reçu le trophée du meilleur facturier et le Mali a remporté le prix du meilleur consommateur grâce à UBA Mali. Cette rencontre d’envergure régionale entend relever le défi de la qualité des données transmises au Bureau, selon le directeur général de Crédit Info West Africa, Sidy Kounta. Il a fait savoir que les données sur le crédit favorisent une meilleure allocation des ressources financières et renforce la confiance entre prêteurs et emprunteurs. « La rencontre nous a permis de partager nos expériences, d’échanger sur les meilleures pratiques, d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et surtout de définir ensemble des solutions concrètes pour améliorer durablement la qualité des données », a-t-il déclaré. Le représentant de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Dame Thiam a expliqué que le taux de consultation du BIC est passé de 45 % en 2016 à 68 % en 2026. Une progression qu’il a jugée importante. Toutefois, a-t-il regretté, des difficultés persistent en matière de couverture, d’exhaustivité et d’exactitude des données. Il a notamment relevé que 22,7 % des contrats ne sont pas actualisés dans la base de données du BIC. Pour renforcer la fiabilité du dispositif, la Banque centrale a entrepris des actions que sont le renforcement des contrôles, la mise en place des cadres de concertation avec les acteurs et l’élaboration d’un projet de gouvernance des données, a déclaré Thiam.

Inclure les PME dans la base de données du BIC

10 prix ont été remis aux meilleures structures financières pour récompenser leur rigueur opérationnelle
Sur 18 millions de clients enregistrés sur le dispositif pour une population régionale d’environ 151 millions de personnes, les entreprises ne représentent que 2 % des entités. Pour le représentant du ministre en charge de l’économie du Burkina, Boukaré Zoanga, ces chiffres laissent voir une couverture insuffisante de la population adulte et une présence limitée des entreprises, notamment des Petites et moyennes entreprises (PME) dans le dispositif. Il a donc préconisé le renforcement de leur intégration dans le système de données du BIC. « Ce sont précisément ces acteurs qui portent une part essentielle de l’activité économique. Lorsqu’ils demeurent insuffisamment connus des systèmes financiers, leur accès au crédit peut s’en trouver entravé », a-t-il affirmé. Un panel consacré au thème principal de la rencontre était au menu des échanges. A cet effet, le panéliste Franck Medje a rappelé que la fiabilité des données est une condition essentielle au financement de l’économie. Selon lui, les banques, dans leurs missions de financer les économies à travers l’octroi de crédits, ont besoin de données fiables sur le comportement des emprunteurs pour évaluer leur capacité de remboursement. La disponibilité d’informations fiables est donc indispensable pour éviter la dégradation des portefeuilles de crédit, qui pourraient à terme, fragiliser les établissements financiers.

Galedie Kétoura SIMPORE Pingdebwoaga Urielle Lauryn KABORE