IIe édition des BOAD DEVELOPMENT DAYS: Financer un habitat durable et inclusif dans les pays de l’UEMOA

Durant 48 heures, les participants vont se pencher sur les grands choix de financement, d’investissement dans l’habitat, l’énergie durable et les infrastructures modernes dans la région UEMOA.

La Banque ouest africaine de développement (BOAD) a ouvert la IIe édition des BOAD DEVELOPMENT DAYS, ce jeudi 11 juin 2026, dans la capitale togolaise, sur le thème : « Bâtir l’avenir de l’UEMOA : financer un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique ».

«L’habitat n’est pas seulement une question de logement. Il est au cœur de notre projet de société, de notre développement économique et de notre ambition collective de souveraineté ». C’est fort de cette conviction du président Serge Ekué que la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) tient la IIe édition des BOAD DEVELOPMENT DAYS, les 11 et 12 juin 2026, à Lomé au Togo, sur le thème : « Bâtir l’avenir de l’UEMOA : financer un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique ».

Il s’agit, au cours de ces deux jours d’échanger, de dégager des pistes d’actions pour adresser de manière durable cette problématique à la fois économique et sociale, et qui se complexifie du fait d’une forte croissance démographique dans l’espace UEMOA. En effet, avec une démographie galopante à plus de 3 % par an et une urbanisation qui est l’une des plus fulgurantes de la planète, en 2050, la région va franchir la barre des 300 millions d’habitants, dont plus de la moitié vivra en ville. « Chaque matin, des milliers de jeunes rejoignent nos capitales.

Ils arrivent, porteurs d’un espoir légitime : celui d’une vie meilleure, d’un emploi, d’un avenir. Mais trop souvent, ce rêve se brise sur un mur invisible : l’accès impossible à un logement décent, abordable et connecté aux services de base », a souligné le président de la BOAD, Serge Ekué. Pour lui, face à ce défi immense, il existe deux choix : subir cette urbanisation, en accepter les fractures sociales et la vulnérabilité climatique ou décider d’agir, pour transformer cette pression démographique en un formidable levier de croissance. Et c’est tout l’intérêt de ces BOAD DEVELOPMENT DAYS.

La nécessité de changer de paradigme

« L’habitat ne peut plus être traité comme une simple variable d’ajustement social. C’est un moteur économique de premier ordre. Financer un logement durable, c’est injecter de la valeur dans nos économies locales. C’est créer des emplois non délocalisables pour nos artisans, structurer nos filières de matériaux locaux, protéger le pouvoir d’achat des ménages grâce à la sobriété énergétique, et stabiliser nos sociétés », a-t-il soutenu. Mais, les réponses à la problématique du logement ne peuvent plus être abordées de manière isolée, loin de celles liées à l’énergie.

« Un habitat moderne est un habitat connecté à une énergie fiable, accessible et durable. Un habitat résilient est un habitat capable de produire, de gérer et d’optimiser sa consommation énergétique. Un habitat d’avenir est un habitat qui contribue à réduire notre dépendance énergétique et à renforcer notre autonomie collective. C’est pourquoi nous devons considérer le logement et l’énergie comme les deux piliers d’une même ambition stratégique », a souligné le président de la BOAD. « Il faut sauter tous les verrous financier, normatif et de l’inclusion afin de réussir la mobilisation des financements nécessaires, car un logement décent n’est pas un privilège.

C’est un droit. Et parce que l’avenir de l’UEMOA s’écrira dans des villes humaines, durables et résilientes », a-t-il insisté. Le ministre togolais de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Kodjo Adedze, a salué la BOAD pour cette initiative ambitieuse qui place à juste titre la question du logement au cœur de l’agenda commun de transformation économique et sociale. En consacrant ces deux jours à cette problématique, la Banque ouest-africaine de développement met en lumière une question essentielle, celle de savoir comment loger dignement nos populations, tout en construisant des villes résilientes, productives et souveraines, a-t-il confié. « Il nous faut changer de paradigme, aussi bien dans les modèles de financement du logement que dans la construction, car on ne peut construire comme ce qu’on a l’habitude de faire, a indiqué Kodjo Adedze.

Mahamadi SEBOGO

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