Réserve militaire au Burkina Faso : la nouvelle loi adoptée à l’unanimité

Les députés ont voté à l’unanimité le projet de loi portant sur le statut de la réserve militaire.

Les députés de l’Assemblée législative du peuple ont adopté, le mardi 26 mai 2026, à Ouagadougou, la loi portant statut de la réserve militaire au Burkina Faso.

Le Burkina Faso dispose désormais d’une loi qui régit la réserve militaire. Le projet de loi été adopté à l’unanimité, le mardi 26 mai 2026, par les députés de l’Assemblée législative du peuple (ALP), au cours d’une plénière. La présente loi est composée de 61 articles, regroupés en cinq titres. La réserve militaire est une composante des forces armées nationales constituée de citoyens burkinabè aptes à être mobilisés, n’ayant pas la qualité de personnel d’active et destinée à concourir au renforcement de la défense intérieure et extérieure du territoire national. Il y a deux ordres de réservistes.

La réserve de premier ordre est composée de personnes ayant une expérience militaire ou assimilée. Elle est constituée des anciens militaires, des anciens personnels des forces de sécurité intérieure, des anciens Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ou de toute autre catégorie de personnes disposant d’une formation et d’une expérience militaires recon-nues. Quant à la réserve de second ordre, elle est composée des anciens appelés du service national patriotique ayant bénéficié de la formation civique et militaire et de citoyens burkinabè volontaires sans expérience militaire préalable. Le réserviste vient renforcer les capacités des forces armées nationales et exerce des fonctions de soutien ou de spécialité. Le ministre d’Etat, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de division, Célestin Simporé, a indiqué que tout Burkinabè qui a, au moins 18 ans, peut faire partie de la réserve s’il remplit les conditions physiques et médicales. Cependant, a-t-il relevé, tous les réservistes ne sont pas d’office mobilisés.

« En fonction de l’ampleur d’une crise, on peut décider de mobiliser un nombre quelconque de réservistes à travers un contrat qui détermine la durée de la mobilisation et le traitement réservé à ces réservistes mobilisés », a-t-il précisé. Il s’est réjoui de l’adoption de cette loi qui confère au ministère de la Guerre, un outil légal pour mieux organiser les forces de défense, mieux les employer de façon efficiente. Pour l’année 2026, a-t-il rappelé, une réserve de 100 000 personnes sera constituée. Le ministre d’Etat s’est dit confiant quant à l’atteinte de cet objectif. « Quand on fait le point des militaires à la retraite, les professionnels des forces de sécurité à la retraite, ceux qui ont déjà fait l’objet du service national patriotique ou qui ont déjà suivi une formation, le reliquat sera complété à travers un recrutement dans la population.

On ne devra pas avoir un problème pour pouvoir atteindre ce nombre », a-t-il dit. Au regard de la situation géopolitique du monde dans lequel la force prime désormais sur le droit, la création des alliances et les guerres, il a paru nécessaire, selon le ministre, pour le Burkina de s’armer davantage pour parer à toute éventualité. Il a rappelé que la réserve est effective dans plusieurs pays même ceux qui sont développés. « Pour ne pas déroger à la tradition qui existait déjà dans nos sociétés les plus anciennes, tous les bras valides devraient contribuer à la défense, à la protection et à la sécurité de la société », a-t-il laissé entendre.

Adama SEDGO

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