Retour des déplacés dans le Nakambé: la ministre Pélagie Kabré réconforte les populations réinstallées

Le ministre Pélagie Kabré a invité les populations retournées à la solidarité.

La ministre de la Famille et de la Solidarité, le lieutenant-colonel, Pélagie Kabré a échangé, les 10 et 11 juin 2026, dans la région du Nakambé, avec plusieurs populations retournées dans leurs localités d’origine après avoir été déguerpies par des groupes armés terroristes.

La vie a repris ses droits dans plusieurs localités affectées par le terrorisme dans la région du Nakambé. C’est le cas de deux villages, au Sud de la province du Koulpélogo où les populations, forcées de quitter leurs terres, il y a quelques années, ont retrouvé le sourire. Là-bas, depuis 2023-2024, elles ont commencé à retrouver le goût à la vie, grâce aux efforts des forces de défense et de sécurité dans la reconquête du territoire. Parmi elles, une Brigade d’intervention rapide (BIR), installée à cheval entre les deux localités, appuyée par les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), continue de veiller au grain.

Le mercredi 10 juin 2026, c’est aux cris de joie ‘’IB’’,’’IB’’, en référence au Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, que les populations retournées ont accueilli le ministre de la Famille et de la Solidarité, le lieutenant-colonel, Pélagie Kabré, porteuse d’un message d’espoir et de résilience à l’endroit de ces deux villages qui avaient vu leur vie basculer du jour au lendemain par des hordes terroristes. F.B. est l’une des femmes retournées. Elle a exprimé sa joie de retrouver sa concession après plus d’une année d’errance. Elle s’est dit d’autant plus contente que la ministre ne soit pas venue les mains vides.

En effet, le chef du département de la famille y a apporté des vivres composés de riz, de pâtes alimentaires, de sel, de l’huile, de sucre mais aussi des filtres à eau individuels, des lampes torches solaires, de l’engrais, des moulins diésel, pour ne citer que ceux-là. « Nous avons quitté le village en 2023 et nous sommes revenus en 2024. Ça n’a pas été facile. Mais le gouvernement nous a aidés à retrouver nos domiciles avec joie », s’est-elle exclamée. Profitant de la présence du ministre de la Famille, la quadragénaire a égrené plusieurs difficultés allant de l’absence d’eau potable au manque d’infrastructures sociales (école, centre de santé), en passant par l’absence de perspectives en saison sèche afin de permettre aux femmes de mener des activités génératrices de revenus.

« Nous n’avons pas de centre de santé. En cas de maladie notamment la nuit, c’est la croix et la bannière pour rejoindre un centre de santé », a-t-elle déploré. Elle a plaidé pour un appui du gouvernement afin de permettre aux femmes de son village de développer des activités génératrices de revenus. Dans un autre village, situé à 3 km du premier, le chef de la localité a confié que le retour n’a pas été facile car tout était à refaire. Mais la main sur le cœur, il a promis que lui et ses administrés sont déterminés à faire face à l’adversité pour rester sur leurs terres. « Nous n’avons d’autres lieux où aller. Nous allons nous battre pour y rester, même si cela doit nous couter la vie », a-t-il promis.

Le choix de résister

La représentante des femmes de ce village, A.Z, a expliqué que la présence de la ministre est un symbole fort de la proximité du gouvernement avec la population des zones confrontées aux défis sécuritaires. Selon elle, c’est la preuve que la population de son village n’est ni oubliée ni abandonnée. « En acceptant venir jusqu’à nous, vous avez accepté partager nos peines et nos espoirs », a-t-elle lancé. Pour elle, la population de sa bourgade, qui est restée courageuse malgré les épreuves, refuse de céder au découragement.

« Votre visite constitue pour nous un message de solidarité, de compassion et d’espoir », a-t-elle insisté. A.Z. a reconnu que l’insécurité qu’a subie le village depuis plusieurs années a bouleversé des habitudes de vies, affecté les activités économiques, limité l’accès à certains services sociaux de base et fragilisé certaines familles. « Les champs, autrefois prospères, sont difficilement accessibles, des AGR ont été ralenties, les familles vivent dans l’inquiétude permanente. Des veuves, des orphelins, des personnes âgées font face à des défis considérables », a-t-elle énuméré.

Toutefois, elle a souligné que les populations continuent de croire en l’avenir, de cultiver ses terres lorsque la situation le permet. « Les populations ont fait le choix de résister à la peur et au découragement », a-t-elle martelé. Pour elle, quitter leurs terres reviendrait à abandonner une partie de leur histoire, de leur identité et de leur patrimoine. Le président de la délégation spéciale de la commune, M.C. a vu en la visite du ministre l’expression de la solidarité nationale. C’est la preuve, selon lui, que le gouvernement reste engagé aux côtés des populations là où le besoin se fait sentir. « Ces vivres constituent les véritables socles sur lesquels les populations vont s’appuyer pour mener leurs activités économiques et aborder la campagne agricole qui s’annonce », a-t-il déclaré.

Deuxième jour, même exercice dans la province du Boulgou dans deux autres villages, situés au Sud de la province : échanges avec les chefs coutumiers et les populations, et remise de vivres. La première localité, déguerpie, pendant quatre mois, en 2023 a repris ses activités. Le chef dudit village a expliqué qu’à son retour dans sa concession, tout avait été détruit. Mais, il a confié que ce sont les forces de défense et de sécurité qui ont remis sa maison en état d’habiter. C’est pourquoi, il a exprimé sa reconnaissance aux FDS et aux VDP. En dépit de l’accalmie retrouvée depuis trois ans, le vieillard a dit toujours avoir la peur au ventre.

30 000 ménages retournés en deux mois

Dans une autre bourgade, située à quelques jets de pierre de la frontière avec le Ghana, la représentante des femmes, P.S., a confié que dans leur fuite pour s’échapper aux forces du mal, tout a été abandonné. A leur retour, elle ajouté que c’est avec amertume que les populations ont constaté que le bétail et les vivres avaient été pillés.  Comme d’autres localités, elle a plaidé pour un appui en équipements afin de permettre aux femmes de développer des activités génératrices de revenus. Elle a aussi demandé la réalisation de forages pour consolider leur réinstallation.

Informée du taux élevé d’abandon scolaire des filles au profit des mariages précoces, Pélagie Kabré a soutenu qu’il n’y a pas de santé sans personnel de santé, encore moins un avenir sans école. Elle a appelé les leaders coutumiers à encourager la scolarisation des enfants. La ministre Kabré a rendu un hommage aux FDS et aux VDP grâce à qui, certaines localités, jadis déguerpies par les terroristes, sont habitées. Elle a expliqué que la tournée s’inscrit dans le cadre général des visites dans les localités de retour.

Pour elle, les forces combattantes ont une avancée dans la reconquête du territoire national. Elle en veut pour preuve, le retour progressif des populations dans leurs localités respectives. « Ces deux derniers mois, nous avons accompagné 30 000 ménages à retourner dans leurs localités d’origine dans l’ensemble du territoire », a-t-elle confié. Ce qui est, à son avis, une preuve que la sécurisation du territoire n’est pas que des chiffres mais une réalité tangible sur le terrain.

Le lieutenant-colonel Kabré a aussi justifié sa présence par la volonté de transmettre un message de solidarité du gouvernement et d’encouragement aux populations qui ont accepté braver la peur pour repartir dans leur localité d’origines. « Nous avons constaté une population résiliente qui vaque tranquillement à ses occupations, qui a des préoccupations », a-t-il relevé. Pélagie Kabré a dit avoir pris note des doléances à elles soumises qui, pour la plupart, concernent les services sociaux de base et entend les examiner une fois de retour à Ouagadougou, avec d’autres membres du gouvernement.

En outre, elle a laissé entendre que cette tournée est bénéfique à plus d’un titre parce qu’elle lui a permis de marquer la présence du gouvernement, aux côtés de ses populations. « Cela aussi nous a permis de toucher du doigt leurs réalités ; ce qui va nous permettre de corriger le tir lorsque nous aurons des interventions à leur endroit », a-t-elle dit.  Avant quitter ses hôtes, la ministre de la Famille a appelé les déplacés internes sur l’ensemble du territoire à la solidarité, à suivre les mots d’ordre et l’exemple des populations qui, jadis déplacées comme elles, ont accepté repartir dans leurs localités d’origine. Elle a précisé que les services déconcentrés de son département sont disponibles pour enregistrer les déplacés désireux de retourner dans leur terroir en vue de les accompagner.

Anselme KAMBIRE

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