Souveraineté alimentaire: le périmètre irrigué de Séguéré mis en eau pour booster la production nationale

Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a ouvert les vannes du périmètre irrigué Séguéré.

Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a procédé, le mardi 16 juin 2026, à Séguéré (commune rurale de Bama), à la mise en eau officielle d’un périmètre irrigué de 180 hectares (ha). Cette infrastructure stratégique, financée à hauteur de plus de 3,8 milliards francs CFA avec l’appui de la Banque mondiale, va permettre de booster la production nationale.

C’est une page sombre de plusieurs années d’attente qui se tourne définitivement pour les populations de Séguéré, dans la commune rurale de Bama, province du Houet. En effet, le mardi 16 juin 2026, l’ambiance était à la fête pour la cérémonie de mise en eau du périmètre irrigué de la localité réalisé par le Projet de résilience et de compétitivité agricole (PReCA). Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, accompagné du Représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, Hamoud Abdel Wedoud Kamil, ainsi que des autorités régionales, a procédé à l’ouverture des vannes de ce périmètre irrigué de 180 hectares (ha).

Ce geste consacre la renaissance d’un projet qui, débuté sous l’égide du Programme de développement intégré de la vallée de Samandéni (PDIS), était resté à l’arrêt depuis 2017. Après avoir visité la station de pompage et la salle de commande, le ministre et sa délégation ont pu constater le refoulement effectif de l’eau vers les canaux secondaires qui desservent désormais les parcelles. Ce geste symbolique met fin au désarroi des producteurs locaux qui ne croyaient plus à l’achèvement de ces travaux. La réalisation de ce périmètre a nécessité un investissement total de 3 853 795 832 F CFA. Le chantier qui a repris, le 11 mars 2024, sous l’impulsion des autorités, a mobilisé des infrastructures de pointe : une station d’exhaure équipée de groupes électropompes, un groupe électrogène de secours, un réseau d’irrigation et de drainage entièrement bétonné, ainsi que des digues de protection pour sécuriser les cultures contre les crues du fleuve Mouhoun.

Une bouffée d’oxygène pour l’Offensive agropastorale

Pour le Représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, Hamoud Abdel Wedoud Kamil, cet achèvement est une source de grande fierté. « Ce projet a été couronné par notre institution comme un projet modèle. L’équipe a même reçu un « award » pour ce projet considéré comme phare dans notre portefeuille », a-t-il déclaré avec satisfaction. A l’en croire, ces investissements structurants démontrent la volonté du gouvernement burkinabè d’aller vers l’amélioration durable des conditions de vie des populations rurales. La mise en service de ce périmètre s’inscrit en droite ligne de la vision du Chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, visant à atteindre une souveraineté alimentaire totale. Selon le ministre d’Etat, le commandant Ismaël Sombié, l’objectif est de transformer structurellement l’agriculture burkinabè en misant sur la maîtrise de l’eau.

« Le défi pour notre pays sahélien est la collecte de la ressource en eau et son utilisation optimale », a-t-il affirmé, rappelant que plus de 11 000 ha de périmètre irrigués ont été réalisés en trois ans à travers le pays. En termes d’impacts éco-nomiques, les prévisions sont ambitieuses. Le périmètre de Séguéré devrait offrir une capacité de production annuelle minimale de 600 tonnes de riz en campagne humide et 400 tonnes de blé en campagne sèche froide. A cela s’ajoutent 2 000 tonnes de tomates et 1 700 tonnes d’oignons.

Ces productions devraient générer une valeur financière supérieure à 1,88 milliard francs CFA par an au profit des acteurs locaux. Au-delà des infrastructures, le défi majeur reste la gestion et la pérennité de l’ouvrage. Le ministre a exhorté les populations à prendre soin de ce « bijou » technique. « Quand on a goûté au pire et quand on a la chance d’avoir le meilleur, il faut savoir en prendre soin », a-t-il lancé aux bénéficiaires. La gestion sera désormais appuyée par la création d’un attelage entre les exploitants et des structures étatiques.

Noufou NEBIE

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