Le Mois artistique et culturel (MAC) 2026 a été lancé, le lundi 15 juin dernier à Bobo-Dioulasso. Première du genre au pays des Hommes intègres, l’initiative dépasse largement le cadre d’une simple activité scolaire ou festive. Elle traduit la volonté assumée des plus hautes autorités de faire de l’enracinement culturel, le socle du développement endogène. Le thème retenu pour cette phase pilote MAC, « Arts, culture et savoirs endogènes à l’école : levier d’enracinement identitaire, de résilience et de vivre-ensemble au Burkina Faso », découle de cette ambition. A l’analyse, ce thème rappelle que l’école ne doit pas être uniquement un lieu d’acquisition de connaissances académiques.
Au-delà, elle doit aussi contribuer à former des citoyens conscients de leur histoire, respectueux de leurs traditions et ouverts sur le monde. Dans une époque où les influences extérieures se multiplient, l’enracinement culturel apparaît comme une nécessité stratégique. Comme on a coutume de le dire, un peuple qui méconnait son histoire ou néglige ses valeurs risque de perdre progressivement ses repères. A l’inverse, une société qui assume son identité dispose d’une force supplémentaire pour relever les défis. La culture agit alors comme une boussole qui permet d’avancer vers la modernité sans rompre avec ses racines. Le développement se construit sur des références communes, une vision partagée et une capacité collective à se projeter dans l’avenir. C’est dans ce sens que Léopold Sédar Senghor affirmait que : « la culture est au début et à la fin de tout développement ».
En effet, dans un contexte mondial marqué par les transformations sociales, technologiques et économiques, le brassage culturel, la culture demeure un repère fondamental pour les peuples. Trop souvent considérée comme un secteur secondaire, la culture est pourtant au cœur de toute dynamique de développement. Elle façonne les comportements et forge le sentiment d’appartenance à une communauté. Comme le soulignait l’écrivain français, André Malraux, « la culture ne s’hérite pas, elle se conquiert ». Cette conquête passe nécessairement par l’éducation des scolaires à qui appartient le futur. Les langues nationales, les contes, les proverbes, les traditions et les pratiques artistiques véhiculent des valeurs de solidarité, de respect et de fraternité qui constituent le socle du vivre-ensemble. Leur transmission aux jeunes générations représente un investissement précieux pour l’avenir.
C’est pourquoi, l’on peut affirmer, sans risques de se tromper, que le MAC 2026 participe ainsi à la construction d’une citoyenneté enracinée dans les réalités culturelles du Burkina. Il offre aux élèves l’occasion de découvrir ou de redécouvrir la richesse de leur patrimoine tout en développant leur créativité et leur sens de la responsabilité. En valorisant les savoirs locaux, cette initiative contribue également à renforcer la confiance des jeunes dans leurs propres capa-cités et dans les ressources dont dispose leurs communautés. La forte mobilisation observée autour du lancement de cette phase pilote est à saluer. Elle témoigne d’une volonté de faire de la culture un véritable levier de développement humain. Au total, plus que salutaire, le MAC 2026 devrait permettre de préparer des générations futures, fières de leur patrimoine, conscientes de leur histoire et capables de porter avec confiance les ambitions du Burkina Faso.
Soumaïla BONKOUNGOU






