Un sommet, de nombreux défis

Le 52e sommet du groupe des 7 ou G7 se tient, du 15 au 17 juin 2026, à Evian en terre française. Ce rendez-vous annuel réunit les dirigeants des sept pays les plus industrialisés du monde (la France, les Etats-Unis, le Canada, le Japon, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne) autour des défis du moment. Les discussions ont été élargies à des pays partenaires, comme le Brésil, l’Inde, le Kenya, la Corée du Sud, l’Egypte, le Qatar et les Emirats arabes unis. En dehors des enjeux autour de la relance de la croissance économique équilibrée et durable, du déploiement efficace de l’intelligence et de la promotion de la solidarité internationale, deux conflits majeurs vont alimenter les réflexions et donner certainement lieu à des résolutions.

Il s’agit notamment de la guerre entre la Russie et l’Ukraine et de celle entre la coalition américano-israélienne et l’Iran. Enclenché depuis février 2022, le conflit russo-ukrainien n’offre pas de perspectives prometteuses pour l’instant. Malgré les efforts diplomatiques déployés par les Etats-Unis, sous l’autorité de Donal Trump, présent au sommet d’Evian et l’Europe, le conflit s’enlise. L’Ukraine et la Russie continuent de se bombarder, accroissant davantage le nombre de dégâts matériels et de pertes en vie humaine. Si le président américain affiche sa volonté de mettre fin à cette guerre, les conversations qu’il tient avec ses homologues, Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, n’apportent pas encore de signes encourageants pour une sortie de crise.

L’Ukraine, dont le président est également présent à Evian, refuse de céder ses territoires. De son côté, la Russie reste sur ses positions et se réarme à son rythme pour la poursuite des combats. Emanant de Kiev, la proposition d’une rencontre directe entre les dirigeants ukrainien et russe en zone neutre a du mal à être concrétisée. Le Président Trump, qui a pris les devants, devra donc œuvrer, aux côtés du G7 et de l’Europe, à trouver une solution durable à la guerre russo-ukrainienne, vu les conséquences économiques à l’échelle planétaire. Ce conflit a été quelque peu éclipsé par celui au Moyen Orient, qui vient de trouver un début de solution.

Sous la médiation du Pakistan, les Américains et les Iraniens se sont engagés à faire taire les armes et à donner la chance à la paix. Aussi sont-ils parvenus à un protocole d’entente, dont la signature est prévue ce 19 juin, à Genève en Suisse. Après quoi, s’ouvrira une période de négo-ciations de 60 jours pour parvenir à un accord définitif. Si Donald Trump s’est vite réjoui de cette avancée après plusieurs fausses alertes, il faut reconnaitre que ce modus vivendi est fragile. La question cruciale du programme nucléaire iranien et l’intransigeance d’Israël, allié historique des Américains, qui tient à maintenir ses troupes dans le Sud Liban, pourraient mettre à mal le processus de paix au Moyen Orient. De toute évidence, le G7 est confronté à de gros défis, qui lui donnent absolument du fil à retordre. Face à ces réalités, l’organisation doit davantage mobiliser ses forces et intelligences, pour se montrer à la hauteur des attentes.

Kader Patrick KARANTAO

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