
Le Colloque international sur la lutte contre la fraude au Burkina Faso a pris fin, le mercredi 8 avril 2026, à Ouagadougou, pour une trentaine de recommandations pour une réponse collective et holistique au phénomène
Débuté le 6 avril dernier, le premier Colloque international sur la lutte contre la fraude a pris fin dans l’après-midi, du 8 avril 2026, à Ouagadougou. Il a été présidé par le conseiller technique du ministre de l’Economie et des Finances, Souleymane Nabolé, représentant le chef du département. Initiée par la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLCF), cette rencontre a réuni des participants venus des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) ainsi que du Bénin et du Togo. Elle a permis de faire de nombreuses recommandations pour freiner la pratique de la fraude qui gangrène les économies de la région et alimente les groupes armés terroristes, et d’assurer la souveraineté économique et financière des Etats.
Ces recommandations, ont porté, entre autres, sur le renforcement de la coopération policière internationale pour cibler et réprimer la cybercriminalité, l’intensification des opérations conjointes pour créer un dysfonctionnement dans le réseau des fraudeurs et contrebandiers, le croisement des données inter-agences en vue de la fiabilisation des informations sur la fraude. Le renforcement de la coopération inter institutionnelle à travers la mise en place d’une plateforme d’échanges de données, l’intégration de la lutte contre la contrefaçon dans la stratégie de lutte contre la fraude, le renforcement de la coopération internationale pour une interaction plus fluide contre la fraude, l’acquisition des moyens stratégiques pour une lutte adaptée contre la fraude, la sensibilisation sur le civisme fiscal pour inciter au paiement des impôts font également partie des conclusions de ce colloque.
Remise en cause de l’impôt minimum de 15% de l’OCDE
Il ya aussi la formation continue des agents des structures de contrôle, le renforcement des capacités opérationnelles des structures de contrôle, la modernisation du contrôle du système de distribution par l’utilisation de cartes pour les produits subventionnés, la remise en cause de l’impôt minimum de 15% de l’OCDE, au regard de la spécificité des économies africaines, la mise en place d’une équipe pour élaborer la stratégie globale de lutte contre la fraude.
Le conseiller technique du ministre de l’Economie et des Finances, Souleymane Nabolé, a salué la contribution de l’ensemble des participants et félicité la CNLCF pour la réussite de l’événement. Pour lui, la fraude n’est pas une fatalité, elle est un système et comme tout système, elle peut être comprise, déconstruite et vaincue. « A travers ce colloque, vous avez démontré que face à l’ingéniosité des fraudeurs, nos Etats doivent opposer une intelligence collective, structurée et résolument tournée vers l’action », a-t-il indiqué.
Outre la lecture du rapport général, la cérémonie de clôture a été marquée par une remise d’attestations de reconnaissance aux panelistes et anciens directeurs généraux des douanes et des impôts et aux anciens coordonnateurs du CNLCF. Une distinction spéciale a été décernée au directeur général de l’Institut des finances publiques du Burkina (IFPB), Barthélémy Dabré, en reconnaissance de son engagement pour la réussite du colloque.
Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE





