Le gouvernement du Burkina Faso a décidé de mettre un terme à l’exercice informel de l’activité de démarchage en adoptant, le 8 avril 2026, un arrêté interministériel règlementant désormais ce secteur d’activités. Cette mesure est fort appréciée par le responsable de l’Agence immobilière « Mane-neré », Adama Romba. Celui que nous avons rencontré, le lundi 13 avril 2026 à Dédougou, estime que la décision « va mettre de l’ordre dans le milieu ».
Clap de fin pour les commissions liées au démarchage en matière de bail d’habitation privée fixées unilatéralement par les démarcheurs. Le gouvernement burkinabé en a ainsi donné le ton en rendant public, le 8 avril dernier, un décret interministériel signé des ministres chargés de la l’Administration territoriale, de la Constriction de la Patrie, de l’Economie et de la Sécurité pour règlementer le milieu et mettre fin à l’exercice informel de l’activité de démarchage. Le responsable de l’agence immobilière « Mane-neré », Adama Romba, salue à sa juste valeur cette décision gouvernementale. « C’est une décision mûrie et que nous attendions de pied ferme ». Car, « le secteur est désorganisé et fourré de gens qui escroquent les populations de jour comme de nuit », a-t-il dépeint.
Le responsable d’agence est convaincu qu’avec cette décision, l’Etat reconnait le démarchage comme une profession qui sera suivie et encadrée. Cela, dit-il, y va de l’intérêt des populations et du pays. « Nous sommes à peu près plus de 57 400 démarcheurs au Burkina Faso », a révélé M. Romba. Il a évalué à au moins un milliard de FCFA de manne financière à mobiliser pour le budget de l’Etat si chaque démarcheur débourse la somme de 25 000 FCFA pour l’acquisition de sa carte professionnelle. Ces ressources, l’Etat en a besoin pour la contribution à l’effort de paix et aussi pour accompagner les actions de développement, a-t-il expliqué.
Au niveau sécuritaire, il présente l’arrêté interministériel comme une importante avancée. « Elle va permettre d’identifier et de localiser les bailleurs et les locataires dans cette opération. En cas de problème, le démarcheur, le locataire et le bailleur pourront être facilement interpellés », a-t-il confié.
Rendre saisissables les démarcheurs
Estimant néanmoins que la mesure peut être perfectionnée, Adama Romba a émis des suggestions. En effet, il souhaite que le ministère en charge de l’Administration territoriale définisse la zone d’intervention de chaque démarcheur à partir de la carte professionnelle. « Cette délimitation peut être communale, provinciale, régionale ou nationale en fonction de ce qui va être imposé comme impôt de prestation », a-t-il précisé. Il suggère que soient intégrées dans la composition des dossiers, des taxes de résidence. A cela s’ajoute l’établissement d’un certificat de moralité par la police moyennant une somme de 10 000 FCFA pour, dit-il, éviter que le démarchage ne devienne un refuge pour toute sorte de personne. Dans le cas de la commission, notre interlocuteur propose qu’une notification soit clairement élaborée et qu’au moment de la remise de la carte professionnelle, elle soit présentée et expliquée au démarcheur dans une langue qu’il maitrise le mieux.
Adama Romba nourrit le secret espoir que cette prise de décision mettra définitivement fin à ce qu’il considère comme de la concurrence déloyale qui existe entre les démarcheurs légalement reconnus et ceux qui exerçaient dans l’informel. A l’en croire, les premiers sont reconnus et s’acquittent des impôts pendant que les seconds, eux, ne font qu’empocher l’argent tout en étant insaisissables par l’Etat. « Pourtant, ils profitent mieux que ceux qui sont dans le formel », a-t-il décrié avant de saluer l’engagement des autorités à mettre de l’ordre dans ce secteur.
Yacouba BELEM






