Sésame au Burkina Faso : une thèse ouvre la voie à une lutte écologique contre les maladies fongiques

le sésame  constitue une source majeure de revenus pour les producteurs et un levier d’exportation pour le Burkina Faso si les politiques et les acteurs appliquent les solutions de la luttes contre les pathologies.

 

Le nouveau docteur, avec une mention très honorable, SOALLA Wendolian Romain propose, à travers ses travaux, des solutions innovantes et durables pour améliorer la production du sésame, une culture stratégique pour l’économie burkinabè.

Le Burkina Faso pourrait franchir un cap important dans la production du sésame grâce aux résultats d’une récente thèse de doctorat soutenue à l’Université Joseph KI-ZERBO. Mené par SOALLA Wendolian Romain en Sciences biologiques appliquées, cette recherche met en lumière l’ampleur des maladies fongiques qui affectent cette culture de rente, tout en proposant des alternatives écologiques pour y faire face.

Considéré comme une source majeure de revenus pour les producteurs et un levier d’exportation pour le pays, le sésame reste confronté à de faibles rendements. En moyenne, les producteurs obtiennent environ 475 kg à l’hectare, loin du potentiel estimé entre 1500 et 2500 kg. En cause : la pression des maladies fongiques, qui constitue l’un des principaux freins à la productivité.

Dr SOALLA Wendolian Romain propose, à travers ses travaux, des solutions innovantes et durables pour améliorer la production du sésame au Burkina Faso

Pour mieux comprendre ce phénomène, le chercheur a procédé à l’analyse de 149 échantillons de plants malades collectés dans les différentes zones agro-climatiques du Burkina Faso. Les résultats ont permis d’identifier 16 genres de champignons, dont les plus fréquents sont Macrophomina, Cercospora, Fusarium, Phoma et Colletotrichum. (les  champignons des micro-organismes qui rendent malade les plantes). Certains, comme Macrophomina, sont présents dans presque toutes les zones étudiées.

Grâce à des techniques de biologie moléculaire, 25 espèces de champignons ont été formellement identifiées. Parmi elles figurent des agents pathogènes particulièrement agressifs, responsables de symptômes tels que les taches foliaires, les pourritures des tiges et des racines ou encore le flétrissement des plants. Ces maladies réduisent fortement les rendements et compromettent la qualité de la production.

Mais au-delà du constat, la thèse propose des pistes concrètes de solution. L’une des approches privilégiées repose sur l’identification de variétés de sésame résistantes aux principales maladies, notamment la cercosporiose et la pourriture cendrée. Des tests de criblage ont permis de mettre en évidence des accessions prometteuses, susceptibles d’être valorisées dans les programmes d’amélioration variétale.

Autre innovation majeure : l’utilisation d’extraits de plantes locales comme alternative aux pesticides chimiques. Les essais réalisés avec des extraits aqueux de Agave sisalana, Eclipta alba et Balanites aegyptiaca ont donné des résultats jugés encourageants. Appliqués sur les semences ou directement sur les plants, ces extraits contribuent à réduire significativement l’impact des maladies.

Le Pr Elise Sanon, Professeur Titulaire, Université Joseph KI-ZERBO, ce travail constitue une avancée significative pour la recherche agricole au Burkina Faso.

Selon le jury, présidé par le Pr Elise Sanon, Professeur Titulaire, Université Joseph KI-ZERBO, ce travail constitue une avancée significative pour la recherche agricole au Burkina Faso. Toutefois, elle souligne la nécessité de renforcer la vulgarisation des résultats scientifiques et leur appropriation par les décideurs politiques afin d’en maximiser l’impact.

 

Cependant, des défis restent à relever. Les experts insistent sur la nécessité de poursuivre les essais sur plusieurs campagnes agricoles afin de confirmer les résultats, mais aussi sur l’importance de vulgariser ces innovations auprès des producteurs. Le lien entre chercheurs et décideurs apparaît également crucial pour transformer ces acquis scientifiques en politiques agricoles concrètes.

En apportant à la fois un diagnostic précis et des solutions adaptées, cette thèse ouvre des perspectives prometteuses pour le développement du sésame au Burkina Faso. Elle illustre surtout le rôle clé de la recherche scientifique dans la transformation durable du secteur agricole.

Hubert Bado

 

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