Le mépris envers les peuples

La récente interview du député français, Bruno Fuchs, accordée à une radio de service de l’impérialisme français, traduit une fois de plus, le mépris et la condescendance que les politiques français, toutes tendances confondues, ont vis-à-vis des peuples subsahariens qu’ils considèrent comme leurs « biens meubles » et des sous-hommes incapables de réfléchir par eux-mêmes sur leur devenir politique, économique et social.

En effet, cette relique de l’Afrique à papa adepte des théories du comte de Gobineau et de l’architecte de la colonisation française, Jules Ferry, a acté la fin du pouvoir malien pour très bientôt. A moins que celui-ci ne rentre dans le schéma de sortie de crise voulu par la France et qui se résume à une capitulation en rase campagne si tant est qu’il inclut le JNIM et le FLA ainsi que les résidus des esclaves de maison dans la gestion du pouvoir d’Etat.

Une compromission qui remettrait en cause l’option souverainiste enclenchée depuis six ans et resonnerait comme une trahison dans le pays des « frères » Keita, Soundjata et Modibo en l’occurrence. Et le triste sire d’aller encore plus loin en invoquant le cas des autres pays de l’AES et au-delà de la sous-région sur lesquels il fait planer le sceptre de la partition que les thuriféraires de l’impérialisme international ont déjà élaboré dans leurs laboratoires pour mieux nous asservir. Il ne faut pas s’y tromper. Cette nouvelle ruée vers l’Afrique s’accompagne du dessein machiavélique de la balkanisation de nos Etats qui a déjà commencé au Soudan du Sud et qui se dessine progressivement en RD Congo.

Convaincus de la pusillanimité et de la « malédiction » des Nègres, l’Occident et ses alliés circonstanciels avancent désormais à visage découvert ; ce qui donne plus d’ampleur aux propos du capitaine Ibrahim Traoré dans le Manifeste de la Révolution progressiste populaire. Un Manifeste qui s’ouvre par les propos célèbres tenus par le capitaine Thomas Sankara le 4 octobre 1984 devant l’Assemblée générale de l’ONU et qui appelait les Africains à assumer leur révolte en ajoutant que « seule la lutte libère ». Et le président du Faso de se convaincre que « les évènements du 30 septembre 2022 et des jours suivants nous convainquent de poursuivre la lutte pour libérer notre Peuple du joug de l’impérialisme ».

Face à l’insulte faite à nos peuples par Fuchs, le discours présidentiel doit servir de levain à la « pâte révolutionnaire » et galvaniser les ardeurs face à cet hiver noir qui gronde à nos portes. La Révolution ne doit plus être une option mais une nécessité et un impératif de survie. « Pendant trop longtemps, ils ont tué nos Prophètes », disait Bob Marley qui se demandait pendant combien de temps nous les regarderons faire. En réponse au prophète jamaïcain, nous n’aurons que cette seule phrase : le temps de la rédemption est venu. Au nom de nos héros lâchement assassinés et pour l’avenir des générations futures.

Boubakar SY

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